Tunisie/terrorisme: au moins 8 morts dans une attaque contre le Musée Bardo

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Huit personnes, dont sept touristes étrangers, ont été tuées mercredi dans une attaque menée par des hommes armés contre le musée du Bardo, à Tunis, la première attaque meurtrière à viser des étrangers depuis la révolution tunisienne.

La confusion régnait toujours sur les lieux dans l’après-midi. Selon plusieurs médias tunisiens, deux assaillants ainsi qu’un policier auraient été tués et l’opération serait terminée.

Le porte-parole du ministère tunisien de l’Intérieur, Mohamed Ali Aroui, n’a pas confirmé qu’une prise d’otages était en cours, comme l’ont évoqué des médias locaux et le premier ministre français, Manuel Valls. Mais «il y a des informations selon lesquelles il y a encore des touristes» à l’intérieur, a ajouté le porte-parole.

Cette «attaque terroriste», selon le porte-parole, touche le pays pionnier du Printemps arabe qui, contrairement aux autres États ayant vécu des mouvements de contestation en 2011, a jusqu’ici échappé à une vague de violences ou de répression.

Une centaine de touristes se trouvaient dans le musée lorsque «deux hommes ou plus, armés de Kalachnikov» ont attaqué le musée du Bardo, le plus célèbre de la capitale.

La «majorité des touristes ont été évacués» et «les unités antiterroristes sont entrées dans le musée», a précisé le porte-parole, en précisant que le quartier était bouclé.

Une touriste française évacuée par les forces de sécurité a raconté à la chaîne française i-Télé qu’elle avait dû, avec un groupe de touristes français, se «retrancher» dans une salle du premier étage du musée quand les tirs ont éclaté. Elle a fait état dans un premier temps de tirs à l’intérieur du musée, puis ensuite à l’extérieur.

Les autorités tunisiennes n’ont pas dévoilé la nationalité des morts.

Le ministère italien des Affaires étrangères, cité par les agences italiennes, a indiqué que deux Italiens avaient été blessés et une centaine mis en sécurité par les forces de l’ordre tunisiennes après l’attaque contre le musée à Tunis. Des touristes présents voyageaient avec le croisiériste Costa (groupe carnival).

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, va s’adresser aux Tunisiens, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la présidence, Moez Sinaoui. Le premier ministre, Habib Essid, s’est de son côté réuni avec les ministres de l’Intérieur et de la Défense.

Cette attaque «vise notre économie», a déclaré sur la radio Mosaïque FM Mohsen Marzouk, le conseiller politique du président, en faisant allusion à l’importance du secteur du tourisme pour la Tunisie. «Mais il ne faut pas que nous laissions ce coup nous affecter. Et je suis sûr que le monde gardera sa confiance en nous», a-t-il ajouté.

Selon des journalistes de l’AFP, d’importants renforts policiers ont pris place autour du Parlement et du musée.

La télévision nationale montrait des images de l’évacuation de Tunisiens et d’étrangers courant sous la protection des forces de l’ordre.

Le musée du Bardo, qui abrite une exceptionnelle collection de mosaïques, est mitoyen du Parlement, où les travaux ont été suspendus après les tirs.

«La panique est énorme», a écrit la députée Sayida Ounissi sur Twitter, en précisant que la fusillade est intervenue «en pleine audition des forces armées sur la loi antiterroriste.

«En plus des députés, le ministre de la Justice, des juges et plusieurs cadres de l’armée étaient sur place», a-t-elle précisé.

Depuis la révolution de janvier 2011, la Tunisie a vu émerger une mouvance djihadiste responsable de la mort de dizaines de policiers et de militaires, selon les autorités.

Liée au réseau Al-Qaïda, la Phalange Okba Ibn Nafaâ est considérée comme le principal groupe djihadiste de Tunisie, actif dans la région du mont Chaambi, à la frontière avec l’Algérie.

De 2000 à 3000 Tunisiens combattraient par ailleurs dans les rangs des djihadistes à l’étranger, en Syrie, en Irak et en Libye. Cinq cents autres djihadistes tunisiens sont pour leur part rentrés au pays, selon la police, et sont considérés comme une des plus grandes menaces pour la sécurité de la Tunisie.

Des Tunisiens combattant avec le groupe Etat islamique (EI), très actif en Syrie et en Irak, ont par ailleurs menacé leur patrie ces derniers mois.

Selon l’EI, un Tunisien a participé à l’assaut contre l’hôtel Corinthia à Tripoli qui a fait 9 morts en janvier, et un autre a mené un attentat suicide à Benghazi, deuxième ville de Libye.

Des Tunisiens combattant avec l’EI ont par ailleurs menacé leur patrie ces derniers mois.

En avril 2002, un attentat suicide contre une synagogue à Djerba (sud) avait fait 16 morts parmi les étrangers – 14 Allemands et deux Français – ainsi que cinq Tunisiens. En juin, le porte-parole d’Al-Qaïda avait revendiqué l’attentat

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