Sotchi/Hockey: le Canada confirme son leadership et remporte l’or

Équipe Hockey Canada 2014

Équipe Hockey Canada 2014

Mike Babcock a passé des jours à calmer des journalistes et des amateurs qui s’inquiétaient parce que son équipe peinait à marquer des buts. Qui se préoccupaient de voir la glorieuse formation canadienne vaincre difficilement la Lettonie. Qui prévoyaient une déconfiture imminente.

Mais Mike Babcock avait un plan. Et dimanche, l’entraîneur d’Équipe Canada, son plan et ses 25 joueurs ont eu le dernier mot. Ils ont remporté la deuxième médaille d’or d’affilée en hockey masculin devant une équipe suédoise incapable de répliquer.

«Les gens se plaignaient au début parce qu’on ne marquait pas de buts, a rappelé dimanche, triomphant, l’entraîneur. Mais moi, je voyais une équipe dominante, qui multipliait les chances de marquer, qui jouait bien, qui ne donnait aucune ouverture. Le gardien adverse devait être bon chaque soir.»

Puis Babcock a regardé le parterre de journalistes avec un air de fin finaud: «Ma question pour vous? Quelle équipe a marqué le plus de buts? On s’en fout. Maintenant, quelle équipe a gagné l’or?»

Le tournoi de Sotchi a rappelé à quel point le hockey international tend vers la parité. «C’est fini, les 10-0», avait prévenu Babcock. Mais ces Jeux ont aussi permis de voir en action l’une des plus dominantes équipes défensives de l’histoire.

En six matchs, les Canadiens ont accordé trois buts. Ses défenseurs défendaient, mais marquaient aussi. Et c’est pourquoi Babcock n’a eu recours à P.K. Subban que pour un seul petit match. Les choses roulaient à la ligne bleue.

«C’est la plus belle démonstration de hockey défensif que j’aie vu. Tous les joueurs-vedettes se sont ralliés au plan, a commenté le directeur général d’Équipe Canada, Steve Yzerman. Ce sont des joueurs au talent incroyable qui ont accepté de faire tout ce qu’on leur a demandé.»

«Le Canada, la meilleure équipe»

Tout le monde prévoyait une demi-finale ardue. Mais le Canada a frustré les États-Unis, qui marquaient des buts avec facilité dans ce tournoi. Les Canadiens l’ont emporté 1-0.

La même chose s’est répétée dimanche. Les Suédois ont entamé le match dans de bien mauvaises dispositions. Plus tôt dans le tournoi, leur leader Henrik Zetterberg s’est blessé. Henrik Sedin, lui aussi blessé, est resté à Vancouver. Puis quelques minutes avant la finale, la rumeur s’est répandue que le premier centre suédois, Nicklas Backstrom, ne jouerait pas. On parlait d’abord d’une grippe. Puis on a appris qu’il avait subi un contrôle antidopage positif.

«Mais ce n’est pas une excuse. Le Canada a été la meilleure équipe», a réagi avec classe le gardien suédois Henrik Lundqvist, qui a fait face à 36 tirs canadiens et en a laissé passer 3 dans une défaite de 3-0.

Un flottement s’est installé dans les 10 premières minutes de la rencontre. Puis les Canadiens ont retrouvé leurs jambes, ont répété la formule qui les a transformés en une équipe imbattable dans ce tournoi: des défenseurs rapides, des attaquants qui se replient en un clin d’oeil, l’accent mis sur la possession de la rondelle et un gardien, Carey Price, capable de réussir les arrêts-clés.

Jonathan Toews a marqué à 12:55 de la première période. Le capitaine Sidney Crosby l’a imité en fin de deuxième. Chris Kunitz a asséné le coup de poignard en milieu de troisième. C’était le premier but du tournoi de chacun de ces attaquants.

Ils sont les hommes à battre

Selon tous les joueurs, ce succès s’explique par le plan établi par Mike Babcock. Plusieurs s’étaient moqués du match de hockey-balle organisé au mois d’août en guise de premier camp d’entraînement. Mais c’est là que la «méthode Babcock» a été expliquée aux joueurs.

«Le match de hockey-balle au mois d’août, tout le monde en riait. Mais ça nous a permis d’avancer, de comprendre sa vision», a dit Crosby, qui termine le tournoi avec un but et deux passes.

«Depuis le mois d’août, on connaissait le système, ajoute l’attaquant québécois Patrice Bergeron. Ce n’était pas négociable et on a tous embarqué. Le système, c’était la défense, de ne pas donner le temps à l’adversaire de s’installer, de rentrer dans la zone et de tout de suite relancer l’attaque.»

Le plan de Mike Babcock, entraîneur-chef des Red Wings de Detroit, a fonctionné à merveille. Le Canada est devenu dimanche le premier pays en 26 ans à remporter deux fois d’affilée la convoitée médaille d’or en hockey masculin. L’équipe canadienne avait réussi son dernier doublé de la sorte aux Jeux de 1948 et 1952.

L’Union soviétique avait ensuite connu une période faste. Est-ce le tour du Canada? Difficile à dire. L’équipe devra en tout cas trouver un nouveau directeur général. Steve Yzerman a annoncé qu’il quittait la barre de l’équipe. Qui sera chargé d’assembler l’équipe pour les Jeux de Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018? Mystère.

Ce qui est certain, c’est que les Canadiens ont joué à Sotchi un hockey proche de la perfection défensive. D’accord, il n’ont pas créé les feux d’artifice si attendus à l’attaque, avec 17 buts en 6 matchs.

Mais comme le rappelle Mike Babcock, qui se souviendra de l’équipe qui a enfilé le plus de buts à Sotchi? Qui se souviendra de l’équipe américaine et de ses 20 filets? Personne, car elle a terminé quatrième.

En revanche, les 25 Canadiens, eux, rentrent avec l’or au cou. Pour les quatre prochaines années, personne n’oubliera qu’ils sont les hommes à battre.

 

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