Santé/CHUM: Barette égratigné ouvre les bras au directeur démissionnaire

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Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, aimerait que Jacques Turgeon revienne sur sa décision de quitter son poste de directeur général du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Il se défend par ailleurs d’avoir imposé ses vues.

M. Turgeon a annoncé sa démission avec fracas, jeudi, moins d’un an après sa nomination, invoquant une «ingérence politique inacceptable» et un «abus de pouvoir» de la part du ministre Barrette.

Dans sa lettre de démission, M. Turgeon reproche au ministre de lui avoir posé, comme condition sine qua non à sa nomination à la tête du CHUM, la reconduction du docteur Patrick Harris comme chef de chirurgie de l’institution.

M. Turgeon raconte qu’il a fait part de son opposition ferme à cette reconduction compte tenu du respect des processus de nomination en place. En conséquence, le directeur général a préféré quitter ses fonctions et renoncer à sa nomination aux fonctions de PDG.

Dans diverses entrevues accordées à des médias en début de journée, vendredi, le ministre a demandé plus d’une fois à M. Turgeon de retirer sa démission. Il a répété qu’il ne lui avait pas demandé de partir.

De Paris, où il était reçu à l’Hôtel Matignon par son homologue français Manuel Valls, le premier ministre Philippe Couillard a réitéré sa confiance en son ministre dans ce dossier.

M. Barrette a nié avoir voulu imposer la reconduction du docteur Harris. Il a expliqué qu’il avait plutôt enjoint M. Turgeon à trouver une solution permettant la stabilité dans le contexte de déménagement prochain du CHUM.

M. Turgeon, qui avait été nommé pour un mandat de quatre ans, fera le point en conférence de presse sur l’heure du midi. Le conseil d’administration du CHUM devrait désigner un successeur au cours des prochaines semaines.

De son côté, le Conseil pour la protection des malades a exprimé une certaine inquiétude face à cette situation. Par voie de communiqué, il a demandé à être rassuré par le ministre, disant craindre que ce dernier s’immisce dans la gestion des établissements de santé.

Le Conseil pour la protection des malades craignait justement que le projet de loi 10 n’octroie trop de pouvoirs au ministre de la Santé et il affirme aujourd’hui qu’à première vue, les affirmations du dg démissionnaire du CHUM semblent confirmer ses appréhensions.

Malgré la controverse entourant l’intervention de Gaétan Barrette dans la démission du directeur général du CHUM, le premier ministre Philippe Couillard, en mission à Paris, a réitéré son appui entier à son ministre dans la gestion du dossier.

«J’ai entièrement confiance en le ministre de la Santé et des services sociaux pour continuer à accompagner le CHUM vers l’avenir», a déclaré M. Couillard, en marge d’un point de presse conjoint avec le premier ministre français, Manuel Valls.

«Je ne gèrerai pas le CHUM à partir de Paris, a poursuivi le premier ministre. Mais je dirais que ma préoccupation principale, ce sont les patients. Les malades ne doivent en aucun cas souffrir des problèmes, des querelles, qu’il peut y avoir dans un grand établissement comme le CHUM.»

 

 

 

 

 

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