L’Uruguay s’ouvre au mariage gai, à la dépénalisation de l’avortement et de la marijuana

Le bureau du registre civil uruguayen a autorisé lundi le premier mariage homosexuel de l’histoire de ce petit pays devenu en avril le deuxième du continent à reconnaître le mariage entre personnes de même sexe.

Seulement contestée par l’Église catholique et quelques associations de défense des valeurs familiales traditionnelles, cette loi stipule qu’un «mariage est l’union permanente, conformément à la loi, de deux personnes de sexes distincts ou identiques». Elle prévoit également des modifications concernant la filiation, le divorce, l’âge minimum pour contracter un mariage, les régimes de succession, l’adoption ou l’ordre des noms de famille des enfants.

L’Uruguay, petit pays sud-américain de 3 millions d’habitants, a adopté une position progressiste envers les droits des homosexuels dès après l’arrivée de la gauche au pouvoir en 2005. Y ont depuis été approuvés les unions civiles, les adoptions par des couples gais et lesbiens, les changements de sexe dès l’âge de 18 ans et la présence d’homosexuels au sein des forces armées.

En Amérique latine, le mariage homosexuel est seulement autorisé dans le district fédéral de Mexico depuis 2009 et en Argentine depuis 2010.

L’Uruguay a également adopté cette année une loi dépénalisant l’avortement, encore interdit dans la quasi-totalité des pays de la région.

La Chambre des députés de l’Uruguay a approuvé mercredi soir la légalisation de la marijuana, qui doit être encore ratifiée par le Sénat, ce qui, si la loi était promulguée, ferait de ce petit pays sud-américain le premier du monde où l’État contrôlerait la production et la vente du cannabis.

Le texte a été approuvé par 50 voix sur 96 après 14 heures de débats, grâce aux voix du Frente amplio (FA, gauche, au pouvoir), également majoritaire au Sénat.

Les résultats du vote ont été accueillis par les applaudissements d’une centaine de partisans de la légalisation, présents à l’assemblée.

Le projet de loi prévoit notamment que l’État «assume le contrôle et la régulation de l’importation, de l’exportation, de la plantation, de la culture, de la récolte, de la production, de l’acquisition, du stockage, de la commercialisation et de la distribution du cannabis et de ses dérivés».

Le but «n’est pas de promouvoir la consommation, la consommation existe déjà», avait déclaré mercredi en début de séance le député Sebastian Sabini en présentant cette loi défendue par le président Jose Mujica.

La loi prévoit aussi de permettre la culture à usage personnel à hauteur de six plants. La création de clubs de consommateurs de 15 à 45 membres serait également permise, avec une limite autorisée de 99 plans.

La vente par l’État uruguayen de cannabis aux consommateurs enregistrés constituerait une première mondiale selon les experts.

Selon le Conseil national des drogues (JND), l’Uruguay, pays de 3,2 millions d’habitants, compte quelque 20 000 consommateurs quotidiens de cannabis sur un total de 120 000. La JND estime à 22 tonnes la quantité de drogue commercialisée chaque année dans le pays, ce qui rapporte sur les marchés parallèles de 30 à 40 millions de dollars.

 

 

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