Le retour remarqué de Marie Carmelle Jean-Marie au Ministère de l’Économie et des Finances

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Moins d’un an après avoir démissionné de ce poste ministériel au sein du Gouvernement Martelly-Lamothe, l’économiste Marie-Carmelle Jean-Marie est aujourd’hui de retour à la tête du ministre de l’Économie et des Finances.

C’est la seconde fois, en deux ans qu’elle est appelée à occuper ce important poste ministériel, la première fois le 8 mai 2012, puis de nouveau ce mercredi dans ce nouveau cabinet ministériel de 42 membres, constitué par arrêté présidentiel en date du 2 avril 2014.

C’est probablement l’économiste Wilson Laleau, actuel titulaire du ministère du Commerce et de l’Industrie, qui assurait jusqu’à date l’intérimat au ministère de l’Économie et des Finances, qui procèdera à son installation, comme ça a été le cas en 2012 lorsqu’elle avait remplacé André Lemercier Georges.

“Je suis heureuse de contribuer au sein du gouvernement à faire d’Haïti un pays émergent en 2030, avec des taux élevés de croissance économique dépassant 10% en rythme annuel”, avait-elle annoncé à l’époque.

Bien vite, la Ministre s’était taillée une réputation de femme honnête, incorruptible et peu désireuse de faire la partie belle “aux aventuriers de tout poil toujours prêts à remettre en question toute gestion honnête et rationnelle des finances publiques”.

Le retour de Marie Carmelle Jean-Marie à la tête du ministère de l’Économie et des Finances résulterait, de l’avis des observateurs, de longues tractations entre la Présidence et les bailleurs de fonds.

Il est même probable, étant donné la nature passée de ses relations avec le pouvoir actuel, que Marie Carmelle Jean-Marie ait posé certaines conditions avant d’accepter d’occuper ce poste de nouveau.

“L’exercice de Ministre de l’Économie et des Finances dans tout gouvernement démocratique requiert beaucoup de rigueur et d’abnégation”, avait-elle admis dans sa lettre de démission du 9 avril 2013.

“C’est là un rôle très ingrat”, avait-elle ajouté après avoir pris acte du fait qu’elle n’avait plus “le soutien attendu sur l’ensemble de ces points”.

Une situation qui était bien vite devenue intenable pour celle qui voyait sa fonction comme “une condition nécessaire de la pérennité de l’action publique pour la création d’emplois, mais aussi pour restaurer l’image d’Haïti tant à l’intérieur qu’à l’extérieur aujourd’hui dégradée”.

“Tenir le cap de la sagesse et de la constance, non pas pour restreindre l’action gouvernementale, mais pour l’inscrire dans le chemin vertueux du respect des règles prescrites, comme de la stabilité macroéconomique”, telle avait été sa ligne de conduite.

Ses détracteurs d’hier et d’aujourd’hui se ont toujours publiquement demandés ce qu’elle devait avoir en commun avec l’équipe au pouvoir, réputée pour ses “largesses” avec les membres de leurs tribus et une certaine vision de la gestion rationnelle de la chose publique.

“Je peux me battre contre l’adversité ou contre les aléas externes qui frappent avec régularité notre pays, mais pas contre le manque de solidarité de mes propres pairs”, avait-elle déploré avant de redéfinir l’objectif assigné au Ministre de l’Economie et des Finances :

“Nous ne pouvons nous contenter de pratiques désuètes et hier sanctionnées par une évaluation conduite selon les standards internationaux de l’évaluation PEFA et qui nous classe parmi les moins vertueux des états en matière de gestion des finances publiques”, avait-elle objecté.

Le retour de Marie Carmelle Jean-Marie coïncide avec une stabilisation macroéconomique encore précaire et menacée, comme le soulignait récemment M. Naoyuki Shinohara, Directeur général adjoint et Président par intérim du FMI, par “un déficit fiscal global élargi, reflétant l’augmentation considérable des dépenses et des subventions prévues dans le secteur de l’énergie”.

Du pain sur la planche en perspective.

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