Le G8 s’ouvre sur de nombreux litiges mondiaux

Les chefs d’État des plus grandes puissances mondiales ont commencé à arriver en Irlande du Nord lundi matin pour participer à un sommet du G8 sous haute tension, où la question syrienne dominera les débats.

La région de Lough Erne, à deux heures de route de Belfast, a été transformée pour l’occasion en véritable forteresse.

La présence policière est omniprésente, a constaté La Presse en se rendant à l’événement. Plus de 7000 policiers patrouillent les environs, et une zone d’exclusion aérienne et maritime de près de 10 kilomètres a été décrétée autour du site.

Des fils barbelés ont aussi été déroulés sur 6km pour sécuriser les lieux. En outre, 260 cellules de prison temporaires ont été construites à proximité au cas où des manifestants anticapitalistes tenteraient de perturber l’événement. 

Harper héliporté

C’est dans cet environnement ultrasécurisé que débarquera le premier ministre Stephen Harper en début d’après-midi. Le dirigeant est arrivé à Belfast vers 7h (heure de Montréal), et un hélicoptère le transportera sous peu au Sommet.

Les autres leaders du G8 arriveront graduellement au cours de la journée. Le président Barack Obama est particulièrement attendu, alors que la question syrienne a pris le devant de l’actualité ces derniers jours et que plusieurs comptent sur les États-Unis pour dénouer la crise.

La Russie, qui continue d’appuyer le régime syrien de Bachar al-Assad –responsable de plus de 93 000 morts– fera l’objet de fortes pressions américaines.

Une rencontre est prévue vers 18h30 (13h30, heure de Montréal) entre Obama et son homologue russe Vladimir Poutine. 

Les États-Unis comptent fournir des armes aux rebelles syriens en vue de faire tomber le régime d’al-Assad, ce à quoi la Russie s’oppose fermement.

Dimanche, à Londres, Poutine a réitéré son appui au régime syrien. Il a fait valoir que la Russie ne violait «aucune règle» en fournissant de l’équipement militaire aux troupes d’al-Assad. 

Stephen Harper, pour sa part, a eu des mots très durs envers le dirigeant russe pendant une conférence de presse dimanche à Dublin. 

«Il ne faut pas se leurrer: c’est le G7 plus un, a lancé Harper. L’Occident a une perspective très différente de la situation, alors que M. Poutine et son gouvernement supportent les voyous du régime d’al-Assad pour des raisons qui ne sont pas justifiables selon moi.»

Rencontres bilatérales pour Harper

Le premier ministre canadien profitera de son passage à Lough Erne pour tenter d’accroître les échanges commerciaux du pays dans une série de rencontres bilatérales. Il rencontrera lundi les dirigeants de l’Italie, du Japon et de l’Allemagne.

Harper a fait une mini-tournée à Paris, Londres et Dublin avant de se rendre au G8. Il déploie de grands efforts pour promouvoir son projet d’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union Européenne, une entente qui pourrait faire grimper de 20% le commerce entre les deux entités.

Plusieurs éléments des pourparlers achoppent encore, a admis le premier ministre cette semaine, si bien que la conclusion d’un accord au sommet du G8 apparaît hautement improbable.

Outre la question syrienne, les dirigeants du G8 aborderont jusqu’à mardi soir l’enjeu de l’évasion fiscale. Le premier ministre britannique David Cameron a mis de l’avant une série de mesures, comme la création d’un registre des «propriétaires réels» de sociétés-écrans.

Les pays du G8 sont les États-Unis, le Japon, la Russie, le Canada, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie.

 

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