La réputation du CUSM ternie par le scandale de corruption

Il n’y a aucune raison de croire qu’il y a d’autres pommes pourries au sein de la direction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), assure Normand Rinfret, l’homme qui côtoyé le Dr Arthur Porter avant de lui succéder à la tête de l’hôpital. Les allégations de versements de pots-de-vin de 22,5 millions par SNC-Lavalin dans le dossier de construction du futur mégahôpital anglophone ne sont l’affaire que de deux anciens dirigeants, son ex-patron et son ex-bras droit Yanaï Elbaz.

Normand Rinfret, qui occupait le poste de directeur général adjoint sous le règne du Dr Porter, se dit aujourd’hui «abasourdi» par les accusations de fraude visant ses ex-collègues. Il affirme qu’il n’avait «aucune raison de croire» qu’ils étaient mêlés à une affaire de corruption. Il se désole aujourd’hui que la réputation de l’hôpital qu’il dirige soit «ternie».

Après le départ du Dr Porter, 16 nouvelles personnes (sur 20) ont été nommées au conseil d’administration. Mais la majorité des dirigeants qui étaient là à l’époque sont toujours en poste. Seuls le directeur des finances et la directrice des ressources humaines sont partis à la retraite. La Sûreté du Québec soupçonne d’ailleurs cette dernière d’avoir falsifié durant 10 ans ses allocations de dépenses pour se faire rembourser une fortune en voyages, en vêtements de luxe et en matériel scolaire pour ses enfants.

«L’équipe de direction, c’est une douzaine de personnes, je regarde les gens autour de la table et ils sont tous dédiés, je n’ai aucune raison de croire qu’ils font des choses incorrectes», a expliqué M. Rinfret en entrevue hier matin. «J’ai aussi rencontré les 340 gestionnaires, il y en a beaucoup que je connais depuis très longtemps, et ma façon de fonctionner c’est de leur faire confiance.»

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) aurait confirmé aux dirigeants du CUSM qu’il n’y a aujourd’hui aucun employé de l’institution qui fasse l’objet d’une enquête.

M. Rinfret a répondu aux questions de l’escouade d’enquête une seule fois l’automne dernier.

«Il y a un nuage qui ternit la réputation du CUSM. Les défis sont immenses en ce moment dans le milieu de la santé et j’ai hâte que ce nuage disparaisse parce que ça ternit la réputation des gens qui travaillent ici et ce sont des gens qui travaillent extrêmement fort. Je connais mes employés depuis 34 ans et je sais que ce n’est pas toujours facile dans un hôpital.»

Après avoir été nommé directeur général et chef de la direction du CUSM, Normand Rinfret affirme qu’il a pris plusieurs mesures pour assainir la gouvernance. Il dit avoir resserré les règles des signatures autorisées, des achats et des comptes de dépenses. Le conseil d’administration a aussi mis sur pied 10 comités pour suivre tous les éléments de bonne gouvernance dans tous les secteurs de l’établissement.

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