Edward Snowden toujours à la recherche d’un pays d’asile

Edward Snowden, l’informaticien réfugié dans un aéroport de Moscou et recherché par Washington pour espionnage, a renoncé selon le Kremlin à rester en Russie, mais n’avait reçu mardi matin aucune réponse positive des 20 autres pays auxquels il a demandé asile.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a indiqué qu’il avait retiré sa demande d’asile politique en Russie, déposée dimanche en son nom par l’employée britannique de WikiLeaks Sarah Harrisson, qui accompagne le jeune homme depuis son départ de Hong Kong le 23 juin.

«En apprenant hier la position de Poutine sur les conditions nécessaires pour rester en Russie, il a renoncé à sa demande», a déclaré Dmitri Peskov.

Le chef de l’État russe Vladimir Poutine avait déclaré lundi que Snowden, coincé depuis le 23 juin dans la zone de transit de l’aéroport Moscou-Cheremetievo et du reste toujours invisible, pouvait rester en Russie à la condition qu’il cesse «ses activités visant à faire du tort» aux Américains.

«Comme il se considère comme un défenseur des droits de l’homme, il n’a manifestement pas l’intention de cesser ces activités, c’est pourquoi il doit choisir un pays où aller, et s’y rendre», avait-il ajouté.

Lundi, le site internet WikiLeaks avait annoncé que le jeune homme de 30 ans avait déposé une demande d’asile politique dans 21 pays, dont la Russie, l’Islande, l’Équateur, Cuba, le Venezuela, le Brésil, l’Inde, la Chine, l’Allemagne et la France.

La Pologne et l’Espagne ont rapidement rejeté la requête du jeune Américain, de même que l’Inde qui a défendu le programme de surveillance américain, jugeant qu’il était utile pour la lutte contre le terrorisme.

Si la Norvège a confirmé avoir reçu une demande lundi soir, le ministère des Affaires étrangères français a assuré mardi matin ne pas en avoir encore reçu.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, en visite à Moscou, a aussi indiqué que son pays n’avait pas reçu de demande, selon l’agence officielle russe Itar-Tass.

L’ancien consultant de l’agence nationale de sécurité (Naitonal Security Agency, NSA), à l’origine des révélations fracassantes sur un programme américain secret de surveillance des communications mondiales, a permis la publication de nouvelles informations sur l’espionnage des communications de l’Union européenne, provoquant la colère des Européens et menaçant d’un blocage des négociations commerciales entre l’UE et les États-Unis.

Le président du Parlement européen, l’Allemand Martin Schulz, a pour sa part jugé les méthodes d’espionnage des États-Unis dignes des «régimes autoritaires», dans une interview télévisée.

Interrogé pour savoir si l’Allemagne devait, selon lui, accepter la demande d’asile de l’ex-consultant américain, il a déclaré : «Si M. Snowden fait une demande, les autorités doivent examiner s’il fait effectivement l’objet d’une persécution politique».

Dans une déclaration postée lundi sur le site de WikiLeaks, la première depuis son départ de Hong Kong il y a huit jours, Snowden a accusé le président américain Barack Obama de «faire pression sur les dirigeants» des pays auprès desquels il cherche protection.

Il y affirme qu’Obama a donné l’ordre à son vice-président Joe Biden de faire pression sur les dirigeants des pays auprès desquels il a demandé l’asile pour obtenir son extradition.

L’abandon de la demande d’asile à la Russie est une bonne chose pour Moscou, a estimé Alexandre Konovalov, expert de l’Institut des évaluations stratégiques.

«La Russie a tout intérêt à se débarrasser le plus vite de Snowden. Cela n’est pas dans notre intérêt de chercher des problèmes avec les États-Unis», a-t-il déclaré à l’AFP.

Cette décision devrait accroître la pression sur l’Équateur.

Dans un entretien exclusif avec l’AFP, le président équatorien Rafael Correa avait affirmé lundi que la demande d’asile politique en Russie déposée par Snowden pourrait «régler définitivement» son cas, tout en indiquant que son pays n’envisageait pas encore de se retirer du dossier.

Il avait toutefois souligné que Quito ne pouvait instruire une telle demande que si le requérant se trouvait en territoire équatorien, précisant que de fait le jeune homme devait rejoindre l’ambassade équatorienne à Moscou.

Dans une lettre en espagnol publiée lundi, Snowden a remercié l’Équateur pour son soutien, en estimant que ce pays était «un exemple pour le monde»

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *