Ukraine/crise: Poutine signe la reconnaissance d’indépendance de la Crimée

Le président russe Vladimir Poutine

Le président russe Vladimir Poutine

Le président russe Vladimir Poutine a signé mardi avec les nouveaux dirigeants pro-russes de Crimée un accord historique sur le rattachement de cette péninsule du sud de l’Ukraine à la Russie qui prend effet immédiatement.

Cette signature a eu lieu après un discours du président sous les ors du Kremlin devant les deux chambres du Parlement, les gouverneurs et les membres du gouvernement russe, qui a été marqué par des élans de patriotisme et un ton très anti-occidental.

«La République de Crimée est considérée comme rattachée à la Fédération de Russie à compter de la date de signature de l’accord», a indiqué peu après le Kremlin.

Même si ce document est immédiatement entré en vigueur, les parlementaires russes devront ratifier une loi incluant dans la Fédération de Russie deux nouveaux sujets, la Crimée et la ville de Sébastopol qui y jouit d’un statut particulier. La date de cette ratification, une simple formalité, n’a pas été précisée.

La Crimée était et reste dans le coeur des Russes «une partie intégrante de la Russie», avait déclaré plus tôt Vladimir Poutine dans un discours devant le Parlement et les gouverneurs russes au Kremlin.

«Dans le coeur et la conscience des gens, la Crimée était et reste une partie intégrante de la Russie», a-t-il dit, s’exprimant deux jours après un référendum dans la péninsule du sud de l’Ukraine qui a plébiscité un rattachement à la Russie.

Poutine applaudi à Sébastopol

Quelque deux mille personnes rassemblées sur la place Nakhimov à Sébastopol, ont suivi le discours du président russe Vladimir Poutine sur un écran géant, l’applaudissant et criant «Hourra!», a constaté un journaliste de l’AFP.

«Poutine a raison. Il a raison!», a déclaré Anatoliï Bassov, un retraité de 75 ans, habitant de la ville qui est le port d’attache de la flotte russe de la mer Noire.

«Je suis sûr que notre vie sera meilleure après le rattachement de la Crimée à la Russie. Les relations entre la Russie et l’Ukraine doivent être fraternelles», a-t-il affirmé.

Klitschko réclame la rupture des relations diplomatiques avec Moscou

Le parti de Vitali Klitschko, ex-champion de boxe et candidat à la présidentielle ukrainienne du 25 mai a réclamé mardi «une rupture immédiate» des relations diplomatiques avec la Russie.

«Considérant les actes hostiles des autorités russes et la pratique des relations internationales, nous insistons sur une rupture immédiate des relations diplomatiques entre l’Ukraine et la Russie», a déclaré le parti Oudar (Coup) dans un communiqué publié en réaction au rattachement de la Crimée à la Russie.

Biden en Pologne

Le vice-président des États-Unis Joe Biden se trouve mardi en Pologne pour «rassuer les alliés» à propos de la crise ukrainienne, alors que la Russie a décidé d’annexer la Crimée.

Ses entretiens avec le premier ministre polonais Donald Tusk et le président Bronislaw Komorowski sont destinés «avant tout à rassurer nos alliés qui sont profondément préoccupés par l’action agressive de la Russie en Ukraine», a déclaré un haut responsable de la Maison-Blanche à bord de l’avion amenant M. Biden à Varsovie.

Cependant, M. Biden «ne va pas aborder un quelconque changement à la stratégie de la défense antimissile en Europe de l’Est (…) destinée à répondre à une menace de missiles balistiques venant d’ailleurs, non de la Russie», a-t-il ajouté.

M. Biden rencontrera aussi dans l’après-midi le président estonien Toomas Hendrik Ilves présent à Varsovie, avant de repartir pour Vilnius où il poursuivra mercredi ses consultations avec la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite et son homologue letton Andris Berzins.

Cette tournée du vice-président américain «est un signal clair pour tous ceux qui veulent déstabiliser la situation dans la région», et «la preuve que les alliés de l’OTAN, les États unis en premier lieu, respectent leurs engagements de défense collective», a déclaré mardi à la radio le premier ministre lituanien Algirdas Butkevicius.

Très préoccupés par les opérations de la Russie contre l’Ukraine, la Pologne et les pays baltes sont inquiets pour leur propre sécurité et réclament une attitude ferme des Occidentaux face à Moscou.

Pour les rassurer, les États-Unis ont déjà dépêché en Pologne 12 avions de chasse F-16, des avions de transport et 300 soldats. Ils ont aussi envoyé en Lituanie six appareils F-15 pour renforcer la surveillance de l’espace aérien balte.

 

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