Toronto/élections: Rob Ford quitte la campagne pour soigner ses problèmes de drogue

Le maire de Toronto Rob Ford

Le maire de Toronto Rob Ford

De nombreuses voix s’élèvent à Toronto pour réclamer la démission du maire Rob Ford, qui a annoncé hier soir qu’il prend congé pour soigner ses problèmes de dépendance.

« Je suis profondément déçu par ces révélations du comportement du maire Ford. Pour le bien de la ville, je demande au maire Ford de démissionner », a déclaré l’un de ses adversaires dans la course à la mairie, John Tory.

M. Ford a annoncé qu’il prenait une pause d’une durée indéterminée après que deux nouveaux enregistrements aient fait surface dans les médias mercredi soir.

Dans le premier enregistrement, une vidéo qui n’a pas été rendue publique, deux journalistes du Globe and Mail ont rapporté l’avoir vu en train de fumer ce qui semble être du crack.

La vidéo a été filmée à son insu tôt samedi matin dans le sous-sol de chez sa soeur. Il est en compagnie de cette dernière, qui a déjà admis avoir des problèmes de consommation, et de Sandro Lisi, l’ancien chauffeur du maire qui a été accusé d’extorsion et de trafic de drogue.

La personne qui a filmé la vidéo a approché le Globe and Mail et le site web Gawker, notamment, pour la vendre. Elle demandait un prix « au moins dans les six chiffres ».

Le Globe and Mail a admis avoir versé un montant non divulgué pour obtenir des images tirées de la vidéo, mais pas la vidéo elle-même. Le site Gawker a rapporté que le montant pourrait s’élever à 10 000 $.

Le nouvel éditeur en chef du Globe, David Walmsley, a justifié son geste dans les pages du quotidien jeudi matin en expliquant que ce n’est pas une pratique normale pour le journal, mais que l’intérêt public le justifiait dans les circonstances.

Enregistrement de lundi

Le deuxième enregistrement remonte à lundi soir et a été obtenu par le Toronto Sun et le Toronto Star. C’est un enregistrement audio dans lequel le maire, profondément intoxiqué dans un bar d’Etobicoke près de son domicile, jure et déparle au sujet de la politique municipale et provinciale.

On peut l’entendre critiquer la décision du chef du Parti progressiste-conservateur ontarien, Tim Hudak, de voter en faveur de hisser le drapeau gai devant l’hôtel de ville.

« Hudak arrive et dit : ”Ouais, je suis d’accord avec tous les gays” », a lancé M. Ford.

« Juste là, il a perdu mon vote », a ajouté le politicien conservateur.

Il a aussi fait des commentaires à connotation sexuelle à l’égard d’une conseillère municipale et adversaire dans la course à la mairie : « Et Karen Stintz », lui demande un interlocuteur alors qu’il discute de la campagne.

« Je voudrais la baiser », a-t-il dit.

Mme Stintz a été l’une des premières à réagir. « Les commentaires rendus publics ce soir par le maire Ford sont profondément insultants pour quiconque vit à Toronto. Qu’un maire en exercice fasse de tels commentaires intolérants et choquants est dégoûtant », a-t-elle déclaré.

Déclaration du maire Ford

Rob Ford a diffusé une déclaration tard en soirée mercredi : « Il n’est pas facile d’être vulnérable, et c’est l’un des moments les plus difficiles de ma vie », a-t-il écrit.

« J’ai un problème avec l’alcool et les choix que j’ai faits alors que j’étais sous influence. Je me bats contre cela depuis un certain temps », a-t-il ajouté.

« Aujourd’hui, après avoir pris du temps pour réfléchir sur mon bien-être, comment mieux servir les gens de Toronto et ce qui est dans le meilleur intérêt de ma famille, j’ai décidé de prendre congé de ma campagne et de mes responsabilités de maire et d’aller chercher de l’aide immédiate. »

Il a signé sa lettre « Maire Rob Ford ».

Dans une entrevue au Toronto Sun, la seule qu’il a accordée hier, il a reconnu qu’il pourrait même mourir s’il continuait son train de vie actuel.

L’avocat de M. Ford, Dennis Morris, a indiqué que son client ne se retirait pas de la campagne en cours. Les élections municipales sont prévues pour l’automne.

« Il fait ce que je pense que la majorité de la population croyait être approprié il y a plusieurs mois », a-t-il dit au Toronto Star.

L’avocat a remis en doute l’authenticité de la vidéo et Rob Ford. Ni lui, ni Rob Ford ont confirmé la nature de la substance qui se trouvait dans la pipe.

Deuxième vidéo de crack

C’est la deuxième fois qu’une vidéo où le maire Ford fume ce qui semble être du crack refait surface.

La première avait déclenché une controverse monstre en mai. Après l’avoir nié pendant plusieurs mois, le maire avait finalement admis qu’il avait déjà consommé cette substance hautement addictive, dans l’une de ses « stupeurs éthyliques ».

Le conseil municipal lui a retiré plusieurs de ses pouvoirs dans la foulée de cette première controverse. M. Ford a toujours refusé de démissionner et affirmé qu’il n’avait aucun problème de consommation, malgré les nombreux autres incidents relayés par les médias au cours de la dernière année.

La Presse n’a pas vu cette deuxième vidéo. Le Globe and Mail a rapporté qu’on peut y voir le magistrat de la plus grande ville du Canada aspirer profondément de la fumée à partir d’une longue pipe couleur de cuivre, tandis que son bras est saisi de convulsions.

La personne qui est en sa possession aurait allégué qu’il fait partie d’une série de trois segments filmés à environ 1h15 samedi matin.

La personne en possession de la première vidéo il y a un an avait aussi essayé de la vendre pour une somme importante. C’est le Toronto Star et le site web Gawker qui en avaient finalement révélé l’existence.

Le Toronto Star a rapporté jeudi que le récent dérapage de M. Ford remontait à la fête de la Saint-Patrick, et qu’il a été vu faisant la fête dans plusieurs établissements de la ville.

Il aurait même eu une prise de bec avec Justin Bieber dans un bar branché de Toronto. Le maire l’aurait approché pour le saluer et le jeune chanteur lui aurait demandé s’il avait apporté du crack avec lui. La blague aurait mis M. Ford hors de lui.

 

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