Steve-Anna : «le marché à maman» nominé

laureat_SteveJecrois_AnnaDomont 

«L’idée était de créer quelque chose pour maman», révèle Steve Jecrois à In Texto pour résumer ce trait entre lui et sa sœur Anna Domond. Et à travers les ans, ce quelque chose est devenu un carrefour culturel et commercial au 3302 ou 3290 de la rue Bélanger à Montréal : « Le marché Steve-Anna ».

«Mais maman n’a pas vraiment eu le temps d’en profiter» déplore-t-il. Pour la mémoire et l’esprit de leur mère, cette commerçante dans l’âme, qui leur a inculqué et confié ses secrets en affaires, cette union dure depuis 1985.

C’est d’abord Anna qui, dès son arrivée au Québec, en 1969, fait tout pour réunir auprès d’elle les membres de sa famille. Steve la rejoint en 1974 et leur mère en 1982. Il trouve rapidement ses repères : sur les ondes de CKVL, il devient, avec son co-animateur Fred Williams, le premier Haïtien à se voir confier sa propre émission sur une antenne commerciale. Depuis la piqure de la radio ne l’a laissé. Il continue d’en faire d’ailleurs sur les ondes de SKIN 106.3 FM, à Montréal avec un «Chant libre».

Alors qu’il travaillait à la Banque nationale, Steve laisse son emploi pour ouvrir, avec sa sœur, le marché en 1985. Sa sœur a laissé également son emploi chez Revenu Québec. Il y en avait environ trois autres marchés haïtiens dont Marché lakay, Méli-Mélo (qui existe encore sur la rue Jarry).

«Nous y allions dans un premier temps pour nous réaliser, améliorer notre ordinaire», raconte aujourd’hui l’homme d’affaires, de radio et organisateur d’évènement. Son prix dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs ne manque pas de l’étonner. « C’est un peu surprenant, dit-il avec beaucoup de joie dans la voix, on ne le faisait pas dans l’espoir qu’on allait récolter des honneurs.»

Même si le marché a baissé les rideaux en 2014, le casse-croute résiste dans la chaîne Steve-Anna. D’ailleurs, ce resto-minute prendra la place du marché bientôt avec un espace plus convivial promet Steve. Depuis la fermeture du marché, M. Jecrois croit avoir pris du recul. Et dans son analyse des trente dernières années en affaires dans la communauté haïtienne, il regrette que les Haïtiens n’aient pas pu ou su s’unir. Car, déplore-t-il, «nos réalisations manquent d’envergure.» «C’est possible d’aller plus que ce que nous avons fait. Nous aurions servi d’expérience.»

Plus de détails et une vidéo sur http://intexto.ca/mois-de-lhistoire-des-noirs-ou-lunion-de-steve-anna-video/

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *