Sommet-éducation: les québécois appuient l’indexation

Les Québécois accueillent avec beaucoup de cynisme et un intérêt mitigé le Sommet sur l’enseignement supérieur qui s’ouvre lundi. Ils semblent d’ailleurs déjà avoir fait leur nid: ils optent nettement pour une indexation des droits de scolarité.

C’est ce que révèle un sondage CROP réalisé au cours des derniers jours à la demande de La Presse afin de mesurer les perceptions des Québécois à l’égard du Sommet.

Sur la question des droits de scolarité, l’indexation se révèle l’option privilégiée par une large part de la population. Près de la moitié des répondants (48%) y est favorable. Le gel des droits de scolarité reçoit l’appui de 14% des répondants. Cette option, préconisée par les fédérations étudiantes, est pourtant plus populaire chez les 35-54 ans (20%) que chez les 18-34 ans (17%).
Un total de 11% des répondants penchent plutôt du côté de la gratuité scolaire, avec une proportion plus élevée chez les plus jeunes. Le quart des répondants appuie quant à lui l’idée d’une hausse annuelle supérieure à 100$ ou supérieure à l’inflation.
La population a frais en mémoire les sept mois de grève étudiante qui ont marqué le printemps dernier. Elle veut passer à autre chose, estime Youri Rivest, vice-président de CROP. «Il y a autant de gens qui sont pour une hausse que de gens qui sont pour un gel ou une baisse, alors l’indexation se dessine comme un compromis. Les gens cherchent une solution modérée.»
Le gouvernement privilégie pour sa part l’indexation. La première ministre Pauline Marois et le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Science, de la Technologie et de la Recherche, Pierre Duchesne, l’ont répété au cours des dernières semaines.

Si la première ministre choisit cette voie, «il n’y aura pas beaucoup de monde pour s’opposer à elle dans la population», indique M. Rivest.
L’idée de moduler les droits de scolarité reçoit par ailleurs un accueil favorable parmi les 800 internautes interrogés. Une majorité de répondants (60%) se montre «tout à fait» ou «plutôt» favorable à l’idée de faire varier les droits de scolarité en fonction du coût de la formation. Cette option gagne en popularité à mesure que les répondants prennent de l’âge.
Intérêt mitigé
Près des deux tiers des répondants appuient aussi la modulation des droits de scolarité en fonction du gain potentiel qu’assure un diplôme. Avec cette formule, un étudiant en médecine payerait par exemple davantage qu’un étudiant en philosophie.

Le sondage révèle par ailleurs que l’intérêt des Québécois à l’égard du Sommet est pour le moins mitigé. À peine la moitié (52%) se disent intéressés, alors que 48% le sont très peu ou pas du tout.
La majorité (70%) des répondants croit aussi que le Sommet ne permettra pas de régler les problèmes, tandis que les deux tiers estiment qu’il est le fruit de l’improvisation.

«Il y a un certain cynisme à l’égard du Sommet. Tout le monde n’est pas convaincu qu’il s’agit d’un événement vraiment structurant pour l’éducation. Beaucoup décodent plutôt qu’il s’agit d’un exercice de relations publiques», analyse le vice-président de CROP.
Les Québécois accordent une faible confiance aux principaux acteurs de l’événement, et c’est la première ministre Pauline Marois qui récolte le score le plus bas. À peine 38% des répondants lui accordent leur confiance.
«Un ménage à faire»
Dans l’esprit des gens, le débat entourant le financement des universités semble réglé. La majorité des répondants (59%) est d’avis qu’elles sont suffisamment financées, mais les deux tiers croient qu’elles sont mal gérées. Dans une proportion de 63%, les répondants s’opposent toutefois à des compressions.
Ces réponses témoignent d’un sentiment généralisé qui se fait sentir depuis plusieurs mois à l’égard des institutions en général, pas seulement des universités, indique M. Rivest. «C’est un peu dans l’air du temps de dire que les choses sont mal gérées au Québec, qu’il y a un ménage à faire.»
Le sondage a été réalisé entre les 20 et 22 février 2013 auprès de 800 internautes provenant d’un panel web. Les résultats ont été pondérés pour refléter la distribution de la population adulte au Québec. Compte tenu du caractère non probabiliste de l’échantillon, la marge d’erreur ne s’applique pas.
Sympathie pour le ministre Duchesne

Les Québécois semblent prêts à passer l’éponge à l’égard du ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne. Dans un portrait du ministre, La Presse a révélé qu’il a été reconnu coupable à deux reprises de conduite avec les facultés affaiblies, il y a 20 ans. Est-ce que le ministre aurait dû révéler son passé? Les avis sont partagés. La moitié (49%) des répondants ne le croient pas, tandis que 39% répondent par l’affirmative. Les deux tiers des répondants pensent que cette histoire ne le discrédite pas comme ministre, mais un répondant sur cinq croit le contraire. Une majorité de répondants (65%) appuie la première ministre Pauline Marois en disant qu’elle a eu raison de le nommer à cette fonction.

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