Saguenay/prière: le maire Tremblay se pliera au jugement de la Cour suprême

Le maire de Saguenay Jean Tremblay

Le maire de Saguenay Jean Tremblay

Le maire de Saguenay va arrêter de prier à voix haute aux séances du conseil municipal. Jean Tremblay a annoncé, jeudi matin, qu’il obéirait, à contrecoeur, au jugement de la Cour suprême tombé la veille.

M. Tremblay a tenu à dire sa déception, au cours d’un point de presse à Saguenay. Il a invité le Québec à se tenir debout pour défendre ses traditions, sans préciser la manière.

Le plus haut tribunal au pays a déterminé mercredi que la pratique contrevient à la liberté de conscience et de religion garantie par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Il ordonne ainsi au premier magistrat de «cesser la récitation de la prière dans les salles de délibérations du conseil municipal», est-il écrit dans la décision signée par le juge Clément Gascon au nom de ses collègues.

La Cour suprême est aussi d’avis que le fait de prononcer une prière au conseil municipal porte atteinte au principe de neutralité religieuse de l’État.

Car «la récitation de la prière aux séances du conseil constitue avant tout une utilisation des pouvoirs publics par le conseil dans le but de manifester et de professer une religion à l’exclusion des autres», peut-on lire dans le jugement.

Les avocats de la Ville de Saguenay et de Jean Tremblay avaient plaidé que l’autonomie de l’État et de la religion ne signifiait pas nécessairement la séparation totale entre les deux.

À cet égard, ils font «fausse route», tranche le juge Gascon.

«Aucun des arguments avancés par les intimés ne permet d’écarter la conclusion inéluctable suivant laquelle, en l’espèce, le Règlement et la pratique de la Ville concernant la prière contreviennent à l’obligation de neutralité religieuse de l’État», poursuit le juge du Québec.

Cette victoire en Cour suprême réjouit évidemment l’avocat qui représentait le Mouvement laïque québécois (MLQ), Me Luc Alarie.«On ne peut pas demander mieux», a-t-il laissé tomber.

«Le juge Gascon dit clairement, et c’est très fort comme affirmation, que l’espace public neutre doit être libre de contrainte, de pression et de jugement de la part des pouvoirs publics en matière de spiritualité», a poursuivi Me Alarie.

En revanche, le maire Tremblay, un fervent catholique, encaisse un revers de taille au terme d’une saga juridique s’étant échelonnée sur une période de plus de huit ans.

Le premier magistrat avait maintes fois signalé à quel point ce dossier revêtait un caractère personnel pour lui, et que sa lutte l’aiderait probablement à gagner son ciel.

 

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