Québec/démission: Yves Bolduc quitte la vie politique dans la controverse

Le ministre démissionnaire Yves Bolduc

Le ministre démissionnaire Yves Bolduc

Le ministre de l’Éducation Yves Bolduc quitte la vie politique. Il laisse ses postes de ministre et de député.

M. Bolduc retourne à la pratique médicale. Le premier ministre Philippe Couillard a salué sa contribution ce matin. «Il [Yves Bolduc] a démontré son dévouement et sa passion au service public, d’abord comme médecin et ensuite comme élu».

Ministre depuis juin 2008, Yves Bolduc avait été dans Jean-Talon en 2008, puis réélu en 2012 et 2014.

Malmené depuis des mois, source de controverse, il a décidé de tirer un trait sur sa carrière au gouvernement. «C’est fini» s’est-il contenté de répondre ce matin à La Presse, qui l’a joint chez lui.

Parmi ses collaborateurs, on ne pense pas que Philippe Couillard ait sollicité qu’il quitte le conseil des ministres, mais «il s’est rendu compte qu’il serait radioactif partout où il irait», explique-t-on.

Le ministre Bolduc s’est senti largué par le premier ministre, qui a plusieurs reprises a ostensiblement refusé d’indiquer qu’il avait toujours confiance en son ministre de l’Éducation.

Les spéculations vont bon train sur son remplaçant. Hélène David, titulaire de la Culture, vient d’arriver à Bruxelles pour une mission officielle, mais au gouvernement, on avait vérifié qu’elle pourrait être nommée ministre désignée pour être assermentée plus tard.

Une autre rumeur, celle de Christine St Pierre, parait mise de côté. Du côté de François Blais, un autre candidat potentiel, on n’avait aucune nouvelle quant a un éventuel remaniement en début de matinée.

Le ministre Bolduc s’est maintes fois retrouvé sur la sellette depuis sa nomination à l’Éducation. Il a été critiqué pour avoir refusé de rembourser une prime de 215 000$ qu’il avait touchée pour prendre en charge des patients. Il a déclaré qu’il ne voyait aucun problème à ce que les commissions scolaires coupent les achats de livres. Puis, la semaine dernière, sa déclaration sur les fouilles à nu « très respectueuses » a fait le tour du globe.

Aux yeux de l’opposition, la situation de M. Bolduc était devenue intenable.

« À partir du moment où M. Couillard a refusé de lui renouveler sa confiance, c’était terminé, a observé le chef par intérim du Parti québécois, Stéphane Bédard. C’était seulement une question de temps. »

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, juge que Philippe Couillard porte une large part de responsabilité pour les déboires de M. Bolduc. Selon lui, le premier ministre aurait dû relever le ministre de ses fonctions dès l’émergence de la controverse sur sa prime.

« À partir de là, malheureusement, le Dr Bolduc n’avait plus la crédibilité pour être ministre de l’Éducation, a dit M. Legault. Et dès ce moment, M. Couillard aurait dû agir et éviter que le supplice se poursuivre pendant des mois et des mois. C’est rendu triste, la situation. »

 

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