Québec/corruption: arrestation de l’ex-ministre Nathalie Normandeau et de six autres personnalités politiques

L'ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau

L’ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau

Des personnalités en vue du monde politique, dont les ex-ministres libéraux Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté, ont été arrêtées tôt ce matin par l’Unité permanente contre la corruption (UPAC).

Les agents ont amené au poste sept personnes dans les régions de Québec, Montréal et Charlevoix. Il s’agit de Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté, Bruno Lortie, Mario Martel, France Michaud, Ernest Murray et François Roussy.

Selon le mandat d’arrestation déposé au palais de justice, l’ex-vice-première ministre est accusée de complot de corruption, corruption, fraude envers le gouvernement, contributions illégales à une caisse électorale, abus de confiance et fraude.

Tous les arrêtés vont pouvoir reprendre leur liberté dans l’attente de leur procès, mais les policiers vont leur imposer une série de conditions à respecter, notamment l’interdiction d’entrer en communication les uns avec les autres ou avec les témoins de leur procès à venir. Il leur sera aussi interdit de communiquer avec tout président, vice-président ou membre du conseil d’administration, présent ou passé, de la firme de génie-conseil Roche, devenue aujourd’hui la firme Norda Stello.

L’information, sortie tôt ce matin, a été confirmée lors d’une conférence de presse à 11h00 ce jeudi, à Montréal. Le stratagème mis en cause impliquait des cadeaux ou du financement politique remis en échange de subventions ou octroi de contrats publics.

« L’UPAC a été créée en 2011, c’est une organisation qui est indépendante dont le rôle‎ est de prévenir, de vérifier et d’enquêter sur des cas allégués de corruption et de collusion, a réagi Martin Coiteux, ministre de la Sécurité publique, ce matin. On verra si des accusations sont portées. Ce qui est important de se rappeler, c’est qu’il n’y a absolument personne qui est au-dessus de la loi et que l’UPAC doit et fait son travail de façon indépendante. »

On se souviendra que l’enquête Joug touchait le financement du PLQ, des événements privés à Québec où l’ex-ministre Nathalie Normandeau, son chef de cabinet Bruno Lortie et l’ex-ministre Marc-Yvan Côté avaient joué un rôle d’avant-plan.

Du côté de l’enquête Lierre, on rejoint des intervenants du PQ. À la Commission Charbonneau, un employé du bureau de comté de Pauline Marois, Ernest Murray avait dû s’expliquer sur le financement du Parti québécois.

En octobre dernier, La Presse avait rapporté que l’impatience grandissait à l’UPAC devant l’absence de réponses du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Deux dossiers à consonance politique étaient paralysés. Des changements de responsables au DPCP expliquent le déblocage de ce matin.

Joug

L’enquête de l’UPAC appelée projet Joug tire son origine du scandale de l’usine d’eau de Boisbriand mis au jour en 2009 et impliquant la firme de génie-conseil Roche (aujourd’hui appelée Norda Stelo). Les perquisitions menées chez Roche, en 2010 puis en 2014, ont permis d’ouvrir la piste du financement occulte des partis politiques (PLQ et PQ).

Lierre

Le projet Lierre concerne spécifiquement le financement du Parti libéral du Québec, et un système illégal de prête-noms en lien avec des firmes de génie-conseil et des entrepreneurs. Au moins une soixantaine de témoins ont été rencontrés dans le cadre de cette enquête. Comme la police le notait en 2014 dans une déclaration assermentée qui a permis d’effectuer une perquisition, il y aurait « des anomalies au niveau du financement et plus précisément, du financement dit “sectoriel” ».

 

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