Montréal/UberX: les chauffeurs de taxi bloquent l’accès à l’aéroport Pierre-Eliott-Trudeau

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Un imposant cortège de taxis manifeste à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau depuis 9h20 ce matin, afin de dénoncer le transport illégal fait par le service UberX.

Une centaine de chauffeurs sont rassemblés au bas de la rampe d’accès aux départs internationaux.

Pour le moment, seul le service de taxi aux arrivées de l’aéroport est perturbé. Une cinquantaine de personnes attendent dans la file d’attente. «Je ne sais pas c’est qui le génie qui a pensé à cette stratégie, mais je ne vois pas comment ces chauffeurs peuvent faire des points contre Uber en pénalisant leurs clients», déplore Gary Glass, un voyageur arrivé de Toronto.

Sophie, une autre voyageuse arrivée de Toronto, coincée dans la file d’attente pour les taxis, dit avoir tenté de commander une voiture UberX, mais que le service est paralysé par la forte demande. «C’est un peu contradictoire, ce blocus. Les chauffeurs de taxi se plaignent de se faire voler leur clientèle par Uber, mais ils nous laissent en plan sans solution de rechange. Je ne comprends pas leur stratégie.»

Environ 800 voitures doivent participer à la manifestation au cours des prochaines heures. Des véhicules sont partis du centre-ville de Montréal, de la Place Vertu et de la Place Versailles, pour converger vers l’aéroport. L’opération doit en principe durer environ une heure ou deux, mais compte tenu du nombre plus élevé que prévu de chauffeurs et propriétaires de taxis participants, il se pourrait que la manifestation soit d’une plus longue durée, indique une source syndicale.

 «On ne tolèrera pas aujourd’hui que du transport illégal se fasse à Montréal. Nous allons bloquer l’aéroport jusqu’à ce que le gouvernement entende notre message», affirme Benoît Jugand, porte-parole du Regroupement des travailleurs autonomes des Métallos, qui représente 4000 chauffeurs et propriétaires. L’aéroport a été choisi parce que les chauffeurs de taxi et de limousines paient 2,5 millions par année pour y avoir l’exclusivité des transports. «Par son inaction, Aéroports de Montréal laisse Uber voler les chauffeurs de taxi», affirme M. Jugand.

Le regroupement reproche au gouvernement de plier l’échine devant Uber, «une multinationale qui cherche à imposer sa loi», affirme M. Jugand. 

Le ministre des Transports, Jacques Daoust, a annoncé la tenue d’une commission parlementaire sur l’industrie du taxi au cours des prochaines semaines. Le gouvernement entend y discuter de la légalisation du service UberX, devenue «inévitable» selon le ministre.

«Le gouvernement Couillard n’a pas de couilles, lance Habib, un chauffeur de taxi qui participe à la manifestation. Nous sommes 20 000 travailleurs qui vivons de l’industrie du taxi. Uber nous fait une concurrence illégale, mais tout le monde s’en fout. La population s’en fout. Le gouvernement s’en fout. Mais je vous jure que ça ne passera pas.» 

Abdel, propriétaire de taxi depuis 28 ans et père de quatre enfants, dit travailler 18 heures par jour pour joindre les deux bouts. «Mon taxi, c’est mon fonds de pension. Juste en assurances, ça me coûte 4000$ par année. Le gouvernement ne peut pas laisser Uber nous voler comme ça».

 

 

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