Montréal/gouvernance: la Caisse de dépôt se joindra au gouvernement pour la réalisation de projets importants

Philippe Couillard et Michael Sabia

Philippe Couillard et Michael Sabia

Le projet de système léger sur rail (SLR) et celui de train de banlieue dans l’ouest de Montréal illustrent la « nouvelle gouvernance » envisagée par Québec en matière de gestion du transport en commun dans l’île de Montréal, explique le ministre des Transports, Robert Poëti.

Le ministre québécois, de concert avec le maire de Montréal, Denis Coderre, s’entend pour revoir la gouvernance du transport collectif : « On en voit aujourd’hui un exemple, ce sera géré d’une autre façon. » Cependant, la planification au départ incombe toujours au ministère des Transports et aux élus de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

« J’ai dit maintes fois que si on prend les mêmes moyens qu’il y a 20 ans, on aura les mêmes résultats », observe M. Poëti, rappelant les nombreux dépassements de coûts et le non-respect des échéanciers constatés au fil des ans. Il salue l’annonce de la Caisse de dépôt et du gouvernement touchant le développement de projets importants.

Le gouvernement québécois devra garder l’oeil sur le tracé des nouveaux lotissements. Il « faudra faire attention à la collusion, à la corruption, il ne faudrait pas qu’à certains endroits on commence à surévaluer les terrains », prévient le ministre, ancien policier, dans une entrevue accordée à La Presse. L’impact de ces nouveaux circuits sur le développement immobilier sera une source de revenus importante pour la CDPQ, qui s’ajoutera à la redevance sur le prix des passages, observe le ministre québécois.

M. Poëti se souvient avec précision d’un souper pour la Fondation du Musée McCord, en mai 2014. Son voisin de table était Michael Sabia, qui avait longuement expliqué que la Caisse de dépôt pourrait apporter une contribution fructueuse au développement des infrastructures de transport collectif au Québec. Les visées du président Sabia avaient vite été relayées au cabinet de Philippe Couillard. La décision d’aller de l’avant fait son chemin à Québec depuis des mois.

Le partenariat avec la Caisse « vient débloquer la possibilité d’avoir des infrastructures à des coûts que le gouvernement n’aurait pu se permettre ». C’est pourquoi, dans un premier temps, M. Poëti avait indiqué que le transport en commun sur le futur pont Champlain devait se faire par autobus, dans un premier temps, le coût d’un SLR étant prohibitif pour le gouvernement. « Je n’avais pas l’intention de mettre sur la carte de crédit des Québécois une dépense de 2 milliards. Là, cela devient un investissement, un levier économique au lieu d’une dépense », observe-t-il.

L’espace que vient de créer l’entrée en scène de la CDPQ permettra à Québec de choisir une technologie plus moderne, et par conséquent plus coûteuse. La Caisse envisage une participation de 2 milliards sur 5 – la fin des travaux des deux chantiers est prévue pour 2020.

Une fois le projet de loi adopté à l’Assemblée nationale, « l’engagement de la Caisse me paraît très clair. S’ils avaient pensé que les projets d’électrification des transports sur Champlain ou la liaison vers l’ouest n’étaient pas possibles, ils n’en auraient pas parlé à la conférence de presse », observe le ministre Poëti. Pour l’heure, ces deux projets sont « les piliers de l’entente » : pas de tramway pour Québec ou de prolongement du réseau de métro à l’horizon avec cette formule.

Les deux projets avanceront de concert. « D’ici peu, il y aura des gens qui travailleront à la réfection de Turcot, à la construction du train de l’Ouest et au projet de SLR. Imaginez les retombées économiques dont bénéficiera Montréal à court terme », se réjouit-il.

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