Montréal/froid: polémiques entre la ville et les cols bleus sur la dernière tempête

verglas

Les cols bleus accusent la Ville de Montréal d’être intervenue trop faiblement lors de la tempête de dimanche pour éviter de payer des heures supplémentaires à ses employés. La métropole s’en défend, affirmant que les conditions exceptionnelles ayant frappé la région expliquent l’état des rues. Elle prévient d’ailleurs que dégager les chaussées et les trottoirs risque de prendre plus de temps qu’à l’habitude en raison du froid extrême s’installant sur le Québec pour la semaine.

Montréal aurait pu en faire davantage pour faciliter le retour au travail après la pause des Fêtes, estime Michel Parent, président du Syndicat des cols bleus regroupés. «On n’a pas utilisé 100% du personnel comme on aurait pu le faire si on avait dit: “Go, on fait un blitz, il y a du verglas.” Ça aurait nécessité un blitz de sablage minimalement avant que ça gèle, sinon il est trop tard.» Le chef syndical montre du doigt certains arrondissements, comme Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce. «Comme on était un dimanche, donc en temps supplémentaire, ils ont utilisé le minimum de personnel. C’était même moins que ce qui est demandé en services essentiels», déplore Michel Parent.

La Ville de Montréal s’est défendue d’être trop faiblement intervenue, attribuant l’état des rues et des trottoirs aux «conditions exceptionnelles» ayant sévi lors de la fin de semaine. De samedi à dimanche, 23,7 cm de neige sont tombés. Dimanche, la métropole a reçu 20 mm de verglas. «On a vérifié auprès des arrondissements et tous les effectifs qui devaient être mis à pied d’oeuvre ont été appelés et ont contribué», a assuré Philippe Sabourin, porte-parole de la métropole. Interpellé sur les réseaux sociaux par des citoyens mécontents de l’état des rues, le maire Denis Coderre a d’ailleurs répondu: «La situation que nous avons connue est exceptionnelle; nos équipes répandront de l’abrasif jusqu’au retour à la normale.» «Je comprends la frustration de plusieurs mais nous avons besoin de la compréhension et de l’indulgence de tous», a-t-il ajouté sur Twitter.

Au cocktail météo ayant soufflé sur le Québec, une vague de froid extrême vient s’ajouter cette semaine. Une masse d’air arctique s’installe en effet sur le Québec pour les prochains jours. En tenant compte du refroidissement éolien, le thermomètre chutera ainsi jusqu’à -29 °C à Montréal. La température pourrait même descendre jusqu’à -45 °C dans certaines régions, comme en Abitibi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Gaspésie. Environnement Canada invite les gens à la prudence, ces températures présentant un danger pour la santé, notamment d’engelure et d’hypothermie.

Si Montréal met habituellement quatre jours à faire disparaître une accumulation de 20 cm de neige, l’opération de chargement déclenchée dimanche pourrait être plus longue en raison des conditions météorologiques. L’efficacité du sel pour faire fondre la glace est considérablement réduite – voire annulée – lorsque le mercure tombe sous la barre des -15 °C. Du coup, la moitié du personnel travaillant normalement au chargement de la neige devra continuer à épandre des abrasifs. De plus, le froid extrême promet de faire durcir les bancs de neige, ce qui risque d’entraîner des dommages pour les chasse-neige et donc de ralentir la progression du déneigement.

La tempête de Montréal de la fin de semaine a tenu les pompiers occupés, ceux-ci ayant eu à répondre à deux fois plus d’appels qu’à la normale. Premiers répondants, ils sont principalement venus en aide à des citoyens ayant subi des chutes ou ayant ressenti des malaises après avoir trop pelleté. On note aussi une augmentation des interventions pour des murs dangereux. «Avec les accumulations de neige et de glace, ça peut amener du poids supplémentaire sur les toitures, alors les gens peuvent entendre des craquements ou voir des fissures apparaître», explique Michel Legault, chef de division au centre de communications du Service de sécurité incendie de Montréal. La situation était de retour à la normale lundi.

Fractures, entorses, ecchymoses: les services d’Urgences-santé ont été «extrêmement sollicités» en raison de nombreuses chutes causées par la glace, a affirmé le porte-parole Benoit Garneau. Des ambulanciers ont même dû manier la pelle afin de dégager les entrées et les trottoirs enneigés. «Les appels ont été plus longs, parce qu’il a fallu prendre le temps nécessaire pour effectuer des évacuations sécuritaires», a expliqué M. Garneau. Dans les hôpitaux affiliés au Centre hospitalier universitaire de Montréal et au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), les cas «liés directement à la glace et au verglas» se sont comptés par dizaines. En plus des fractures aux chevilles, poignets et hanches, les hôpitaux ont accueilli des patients souffrant de traumatismes crâniens ou costaux résultant de chutes. Au CUSM, la porte-parole Rebecca Burns a indiqué qu’on reçoit habituellement trois ou quatre patients souffrant des suites d’une chute dans tout l’hiver. «C’est inhabituel», a-t-elle déclaré à propos de la journée d’hier.

 

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