Martelly n’écoute plus la radio

Le Président Michel Martelly a infligé jeudi un véritable camouflet à la presse haïtienne en affirmant qu’il ignorait totalement ce qui se dit dans les médias parce que les informations diffusées ne refléteraient pas la réalité de la population qu’il dit connaître de l’intérieur et toucher du doigt tous les jours, sans avoir besoin d’intermédiaire.

« Maintenant, c’est fini. Je n’écoute plus les radios parce que j’ai les bonnes nouvelles aussi. Je suis dans les rues avec le peuple 24/24. Je ne suis pas obligé d’écouter les radios », a déclaré tout de go le chef de l’Etat en accusant certains médias de faire croire que l’embolie pulmonaire dont il a été victime récemment était une maladie inventée et de chercher à lui faire faire une crise cardiaque ou une attaque cérébrale.

Le visage fermé, flanqué de son épouse Sophia et du porte-parole de la Présidence, Lucien Jura, M. Martelly s’exprimait devant des patrons de presse et journalistes seniors réunis au Palais National à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse célébrée tous les 3 mai.

L’ancien chanteur qui, depuis le début de son mandat, il y a un an, a eu maille à partir avec le quatrième pouvoir à plusieurs reprises, affirme n’être nullement intéressé à écouter des médias dont les temps d’antenne sont consacrés à sa présumée nationalité étrangère et à son état de santé.

De même, le chef de l’Etat, pourtant désireux de bénéficier du soutien de la presse pour « aider l’Etat à refaire Haïti », a indiqué qu’il avait décidé de ne plus se faire accompagner de journalistes dans ses voyages ou de les inviter à l’interroger à l’aéroport. Cette nouvelle stratégie viendrait du fait que toutes les tentatives de rapprochement n’ont absolument rien donné, a déploré Michel Martelly, excellent dans son rôle du père fouettard.

Avec un accent d’autoritarisme, après avoir exprimé son “plus profond respect” pour le quatrième pouvoir et souligné que sans la liberté d’expression il ne serait pas au timon des affaires, le Président a proposé la mise en place d’une véritable école de journalisme, la création d’un comité d’éthique devant élaborer un code d’éthique et une politique de l’information plus professionnelle et responsable dans les médias.

C’était sa façon à lui de répondre à certaines préoccupations exprimées et doléances présentées notamment par les présidents de l’Association nationale des médias haïtiens (ANMH), Max Chauvet, et de l’Association des médias indépendants d’Haïti (AMIH), Marcus Garcia.

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