Lutte contre la corruption : Haïti doit laisser le peloton de la honte

Athouriste

Les institutions haïtiennes impliquées dans la lutte contre la corruption ont été évaluées du 7 au 11 avril par des experts de l’OEA, histoire de s’assurer qu’Haïti a amélioré ses capacités en matière de lutte contre la corruption.

Une autre évaluation aura lieu au début du mois d’octobre 2014, lorsque le pays sera évalué par la Convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC).

Le directeur de l’unité de Lutte contre la Corruption (ULCC), Antoine Athouriste a tenu à établir la différence entre l’évaluation de la capacité de lutte contre la corruption et l’évaluation de la perception de la corruption.

“Nous avons une stratégie nationale de lutte contre la corruption”, a-t-il indiqué lors d’une interview accordée ce mardi à radio Métropole.

“Et c’est ce qui constitue notre tableau de bord, notre feuille de route”.

L’important, c’est de laisser ce peloton de la honte, les dix pays les plus corrompus de la Caraibe, de l’Amérique. Rappelons que dans le dernier classement sur l’indice de perception de la corruption de Transparency International, Haïti était classé en 163e sur 177 pays.

La loi contre la corruption une fois votée, il s’agira maintenant de trouver des institutions avec l’expertise qu’il faut et capables de la mettre en application.

“Nous en avons une dizaine d’institutions. En plus de l’ULCC, qui a l’expertise en matière d’investigation administrative et financière, il y a l’Unité Centrale de Renseignements Financiers, l’Inspection générale des finances, la Cour supérieur des comptes et du contentieux administratif, la Commission nationale de passation de marché, entre autres.

Haïti a adhéré à la Convention interaméricaine de lutte contre la corruption le 8 juin 2004, lors de l’Assemblée Générale de l’Organisation des Etats Américains (OEA) qui s’était tenue à Quito, Équateur.

Une initiative saluée à l’époque par le Secrétaire général adjoint de l’OEA, Luigi Einaudi, qui avait mis l’accent sur l’importance de cet instrument qui prévoit une coopération soutenue entre les Etats membres de l’OEA pour combattre la corruption qui représente, dit-il, une menace pour tous.

” La démocratie est la base de tout effort contre la corruption et nous ne pouvons pas combattre la corruption si la démocratie n’est pas établie en Haïti “, avait souligné Yvon Siméon, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, en présentant une liste de mesures adoptées par le gouvernement pour lutter contre la corruption au niveau des secteurs public et privé.

Une cinquantaine de parlementaires haïtiens de la 49e législature réunis pour l’occasion ont adopté à l’unanimité, le 11 mars 2012, la « Déclaration de Moulin-Sur-Mer, Montrouis », du nom de la localité où a eu lieu cette rencontre.

Avec cette initiative, un nouveau cap était franchi dans la lutte contre la corruption.

Il existe déjà des mesures anti-corruption parmi lesquelles on peut citer la ratification, par le Parlement haïtien, de :

– la Convention Interaméricaine de Lutte contre la Corruption (CICC) en décembre 2000 ;
– la Convention des Nations Unies Contre la Corruption (CNUCC) en mai 2007 ;
– l’obligation de déclaration du patrimoine par certaines catégories de personnalités politiques, de fonctionnaires et autres agents publics, votée en février 2008 ;
– et l’adoption, en mars 2009 par le Gouvernement, de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption.

L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC)a été créée par décret le 8 septembre 2004.

Avec ces cinq bureaux régionaux, l’ULCC fait face à un problème de budget pour mener à bien son travail. Elle espère ouvrir d’autres bureaux dans le pays.

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