L’OPL pourrait se retirer de l’Alternative

Le coordonnateur général de l’Organisation du peuple en lutte, Sauveur Pierre Etienne, furieux contre les « ambivalences politiques » de la présidente de la Fusion et ex-Sénatrice, Edmonde Supplice Beauzile, a annoncé jeudi que son parti se retirait de la plate-forme Alternative en raison de profondes divergences avec les sociaux-démocrates.

Parlant d’une rupture pour l’instant informelle, le professeur Etienne a fait savoir que les membres de la coordination nationale de l’OPL et les deux autres formations politiques faisant partie de l’Alternative, la Fusion des Victor Benoît et Serge Gilles, et la Konvansyon Inite Demokratik (KID) d’Evans Paul, devaient être touchés de cette décision dans les prochains jours.

La Fusion ne respecte nullement les normes et engagements à la base de cette alliance politique, a dénoncé le dirigeant de l’OPL qui s’en est pris tout particulièrement à Edmonde Supplice Beauzile pour le vote favorable accordé à la politique générale du Premier ministre Laurent Lamothe, quelques minutes seulement avant la fin de son mandat.

« Ce qui intéresse Mme Beauzile c’est le financement de sa prochaine campagne électorale dans le Plateau Central, des véhicules et le pouvoir », a regretté un Sauveur Pierre Etienne outré en soutenant qu’il ne pourra pas s’aligner sur la position de la dirigeante social-démocrate qui consisterait à « être à la fois dans l’opposition et au pouvoir ». En clair, elle serait une alliée non déclarée du Président Michel Martelly.

Pour sa part, le Député et porte-parole de l’OPL, Eloune Doréus, également joint par Radio Kiskeya, a attribué la décision annoncée à une prise de position personnelle du chef du parti. L’état-major de l’Organisation du peuple en lutte devra se prononcer officiellement, dans un délai très court, sur un retrait unilatéral de l’Alternative, a assuré le parlementaire du Môle St-Nicolas (nord-ouest) sans préjuger de ce qui en sortira.

Réagissant avec fracas aux critiques acerbes de M. Etienne, la leader de la Fusion a fait savoir que son parti n’est pas sous la tutelle de ses partenaires au sein de l’Alternative et n’avait de leçons à recevoir de personne.

A l’attention de son ancien camarade qui se dirige vers la sortie, Edmonde Beauzile a expliqué que l’Alternative ne pouvait être dissoute en dehors des mécanismes de consultation ayant présidé à sa formation.

Mettant l’accent sur la façon dont la Fusion s’efforce de respecter les principes directeurs définis en commun, l’ancienne élue du Centre a rappelé que le parti était resté jusqu’au bout fidèle à son mot d’ordre de boycott des élections présidentielles et législatives en 2010/2011. De même, souligne-t-elle, aucune critique n’avait été formulée dans la presse à l’encontre des parlementaires de l’Organisation du peuple en lutte qui, à la fin de l’année dernière, avaient approuvé la désignation de Garry Conille au poste de Premier ministre.

Mardi soir, lors de l’avant-dernière étape du processus de ratification en cours au Parlement, Edmonde Supplice Beauzile et ses neuf collègues arrivés en fin de mandat avaient largement contribué au vote massif, sans débats réels -mais sur fond de soupçons persistants de corruption- qu’avait obtenu Laurent Lamothe.

Alors que son ombre plane désormais sur l’éclatement de plus en plus probable de l’Alternative, le Premier ministre ratifié s’apprête à remplacer M. Conille en cas d’un nouveau succès à la Chambre basse qui doit plancher ce vendredi sur l’énoncé de sa politique générale.

 

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