La caravane de «Citoyens de nulle part» est partie

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« Nous espérons, avec cette projection, lever le voile sur des pratiques qualifiées d’injustes et abusives de la République Dominicaine, une des destinations vacances préférées des Québécois. »

 La première de Citizens of Nowhere (Citoyens de nulle part), ce moyen-métrage, des réalisateurs Nicolas-Alexandre Tremblay et Régis Coussot sur la situation actuelle des Haïtiens en République Dominicaine aura lieu ce 28 février 2015 à 20h à l’Université Concordia – Hall Building, Salle H110 (1455 De Maisonneuve Ouest, Montréal – Métro Guy-Concordia). L’admission générale est  au prix de 15$ à l’avance et 20 $ à la porte et les billets sont disponibles dès maintenant sur www.fonduaunoir.ca.

Après trois années de recherche et plus de trois mois de tournage sur le terrain, Nicolas Alexandre Tremblay et Régis Coussot tiennent un portrait actuel de ces migrants haïtiens en sol dominicain. Sous forme de conte, narré par le poète et dramaturge haïtien Jean-Claude Martineau, le fi­lm vous plonge tout droit au cœur de ce drame humain.

La projection a lieu dans le cadre du Mois de l’Histoire des Noirs  et c’est  le festival Fondu au Noir qui présente la première mondiale du documentaire. Le film qui traite d’un  sujet controversé, nous montre comment plus d’un quart de million de Dominicains d’origine haïtienne ont perdu leurs droits, liberté et identité suite à la décision du gouvernement dominicain de leur retirer leur citoyenneté.

Le film sera suivi d’une discussion avec les réalisateurs et des experts de la question animée par le journaliste, animateur et producteur François Bugingo. Les spectateurs pourront échanger, questionner les intervenants et réfléchir ensemble à cette actuelle et sombre réalité.

« Nous espérons, avec cette projection, lever le voile sur des pratiques qualifiées d’injustes et abusives de la République Dominicaine, une des destinations vacances préférées des Québécois. » – a déclaré Emile Castonguay, Directeur de la programmation du festival Fondu au noir

https://soundcloud.com/jnnuma/nicolas-alexandre-tremblay

 Projection en Haïti

Après la projection de Montréal, la caravane de «Citoyens de nulle part»  fera escale en Haïti. Le 20 mars, il y aura une projection au Ciné-Institute de Jacmel et le 24 mars  l’Institut français d’Haïti accueillera le documentaire à Port-au-Prince.

En cette occasion Nicolas-Alexandre Tremblay espère établir un premier contact avec les autorités haïtiennes afin de prendre leur pouls sur la question. Car, des ponts, il n’y en a pas eu pour toute sorte de raisons notamment le montage du film qui bouffait tout son temps.

«J’ai bien hâte de voir comment elles vont réagir, nous lance le réalisateur en entrevue à In Texto, généralement elles ne sont pas si bavard autour de la question».  M. Tremblay n’est pas retourné en République Dominicaine depuis la fin du tournage. Toutefois il est en contact permanent avec des organismes de défenses des droits des Haïtiens. Et ici, l’ambassadeur de la République Dominicaine à Ottawa ne manque pas de nier les faits  dans les médias depuis l’annonce de la sortie du film.

«Ils refusent d’accepter qu’ils ont une responsabilité sociale envers ces gens-là en prétextant que ce sont des illégaux.» «Mais dans le fonds, ils voulaient économiser de l’argent en ne les retournant pas en Haïti après chaque zafra ( période de coupe de la canne) pour économiser de l’argent,»

Depuis septembre 2013, plus d’un quart de million de Dominicains d’origine haïtienne sont devenus apatrides. Amenés par le gouvernement dominicain pour servir et enrichir le pays, personne ne remettait en question l’évidence de faire de ces enfants, nés en terre dominicaine, des citoyens à part entière. Pas même la constitution. Aujourd’hui, identi­fiés comme le mal qui ronge ce pays, ils ont tout perdu : Leurs droits, leur liberté, leur identité. Un mouvement anti-haïtiannisme jamais vu depuis le massacre de 1937 s’est créé, et dont les ultras nationalistes dominicains se servent pour unir les volontés partout dans le pays.

Et pourtant, quels crimes ont-ils commis ? Le simple fait d’être noir semble suffisant pour faire de vous un ennemi. Les uns s’enrichissent en béné­ficiant d’une main-d’œuvre servile et bon marché. Les autres profi­tent de la manne que représente le trafic humain à la frontière. Cette population a un nouveau rôle à jouer sur l’échiquier politique dominicain: celui de bouc émissaire.

 

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