Italie/crise: Berlusconi recule et accorde sa confiance à Enrico Letta

Le gouvernement italien d’Enrico Letta a largement remporté un vote de confiance crucial organisé mercredi au Sénat, après la volte-face de Silvio Berlusconi qui avait initialement cherché à le faire chuter.

Les sénateurs ont été 235 sur 307 présents (majorité absolue à 153) à voter en faveur d’une motion de soutien au gouvernement Letta, qui unit de façon inédite depuis avril le centre gauche et le centre droit. Soixante-dix sénateurs ont voté contre.

L’ancien président du conseil italien Silvio Berlusconi avait créé la surprise plus tôt mercredi, en appelant les parlementaires à voter la confiance au gouvernement d’Enrico Letta.

«Nous avons décidé, non sans débat interne, de voter la confiance», a déclaré le Cavaliere dans une courte allocution au Sénat, quatre jours après avoir provoqué une crise politique. Sa déclaration a été accueillie par un silence stupéfait dans l’assemblée.

Revenant sur les origines de la formation, il y cinq mois, du gouvernement de coalition d’Enrico Letta, auquel son parti, le Peuple de la liberté (PDL), participe, le magnat des médias a expliqué qu’alors, «la seule solution raisonnable était de réunir ensemble les forces de centre gauche et de centre droit».

Après avoir accepté de «n’avoir que cinq ministres» au gouvernement, «nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour changer le climat de ce pays», a-t-il expliqué.

«Un climat que certains ont comparé à une guerre civile froide», a-t-il ajouté. Cet espoir, «que le pays aille vers une vraie pacification, ce dont il a besoin, nous ne l’avons pas vu s’accomplir», a-t-il regretté.

«Nous n’y avons pas renoncé et nous l’avons encore», a-t-il ajouté.

Prenant acte des engagements de M. Letta pour réduire la pression fiscale et garantir la responsabilité des magistrats, M. Berlusconi a appelé à voter la confiance au gouvernement qu’il souhaitait faire tomber la veille.

Samedi, M. Berlusconi, craignant la perte très probable d’ici à la mi-octobre de son siège de sénateur et donc son immunité parlementaire, après sa condamnation définitive le 1er août à une peine de prison pour fraude fiscale, avait poussé à la démission les cinq ministres de son parti.

Le Cavaliere risque une arrestation dans le procès Ruby pour abus de pouvoir et prostitution de mineure et des poursuites pour corruption de sénateur

 

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