France/Élections municipales: entre percée de l’extrême droite et abstention record

Une victoire de la droite, une forte poussée du FN et une gauche en net recul : tels sont les principaux enseignements de ce premier tour des élections municipales. 44,8 millions d’électeurs — dont plus de 280 000 ressortissants de l’Union européenne — ont été appelés aux urnes dans les quelque 36 700 communes de France, ce dimanche, pour le premier tour du scrutin.

Abstention record. Facteur-clé de la consultation, le taux d’abstention a battu un record avec plus de 38%, ce qui constitue une nouvelle marque de la désillusion des électeurs à l’égard de la politique.

A une heure du matin, le taux d’abstention calculé par le ministère de l’Intérieur sur plus de 22,5 millions de bulletins dépouillés s’élevait en métropole à 38,62%. En 2008, il avait atteint 33,46 %.

Spectaculaire poussée du FN. Le parti de Marine Le Pen a, semble-t-il, surfé sur l’abstention record et les effets délétères des affaires qui ont secoué la classe politique ces dernières semaines. Pour la première fois de son histoire, le parti d’extrême droite a gagné dès le premier tour une ville de plus de 10.000 habitants : Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) où Steeve Briois l’a emporté dimancheAilleurs, dans plus d’une quinzaine de villes (Perpignan, Avignon, Forbach, Béziers, Fréjus), le FN est arrivé en tête du premier tour.

La gauche sanctionnée. La gauche a subi de plein fouet un exécutif au plus bas dans les sondages. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a appelé «les forces démocratiques et républicaines» à faire barrage au FN au second tour, alors que l’inquiétude, la déception, voire la colère, étaient perceptibles dans les rangs de la majorité.
Résultat spectaculaire : Niort a basculé à droite après près de 60 ans de gouvernance de la gauche, tandis que les sorts de Strasbourg etToulouse, que le PS avait enlevés à la droite en 2008, sont très incertains. Marseille semble devoir échapper à Patrick Mennucci (PS), les premières estimations le donnant devancé par le FN de Stéphane Ravier, avec un Jean-Claude Gaudin (UMP) faisant la course en tête. A Paris, la candidate UMP Nathalie Kosciusko-Morizet a fait mentir les pronostics en se classant en pole position sur l’ensemble de la capitale devant Anne Hidalgo (PS). A Limoges, le maire sortant PS Alain Rodet subit un séisme politique en s’effondrant à 30%, ce qui le contraindra à affronter un second tour pour la première fois depuis 1995, alors que le FN perce à près de 17%. La gauche risque aussi de perdre Amiens, Angers, Reims, Saint-Etienne et Laval.

L’UMP fidèle au «ni PS, ni FN». Le président de l’UMP, Jean-François Copé, réélu dès dimanche à Meaux, a appelé les électeurs du FN à reporter leurs voix sur les candidats de son parti au second tour, estimant que «les conditions d’une grande victoire» de la droite étaient réunies. «Nous nous sommes tous mis d’accord à l’UMP pour refuser toute alliance avec le Front national et refuser le front républicain», a annoncé Henri Guaino, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy et député des Yvelines. L’ex-Premier ministre UMP François Fillon a confirmé : «Aucun désistement» en faveur de la gauche, ni «alliance» avec le FN.

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