Encore des questions après un écrasement d’avion à San Francisco

La compagnie sud-coréenne Asiana a révélé lundi que le pilote du Boeing 777 qui a raté son atterrissage samedi à San Francisco était en cours de formation sur ce genre d’appareils, accréditant l’hypothèse d’une erreur humaine.

L’écrasement du Boeing 777-200 a coûté la vie à deux adolescentes chinoises et fait 182 blessés sur les 307 personnes à bord, dont six étaient encore dans un état «critique» lundi.

Selon les médias chinois, les victimes sont Ye Mengyuan, 16 ans, et Wang Linjia, 17 ans, des lycéennes de la province orientale du Zhejiang.

L’une des deux jeunes filles pourrait avoir été écrasée par un camion des pompiers de l’aéroport peu après l’écrasement, selon la responsable des pompiers de San Francisco, Joanne Hayes-White.

«Si l’on se base sur les blessures subies, il est possible que l’un de nos véhicules ait ajouté aux blessures (antérieures), ou un autre véhicule», a reconnu Joanne Hayes-White, chef des pompiers de San Francisco. «C’est une chose qui a pu arriver dans le chaos», a-t-elle ajouté.

La jeune fille ne porte pas trace de brûlures graves. Son amie présente des blessures sans doute occasionnée au moment où la queue s’est détachée du reste du fuselage, projetant plusieurs passagers dans le vide, selon le légiste du conté de San Mateo chargé des autopsies.

Les experts de l’agence américaine de sécurité des transports (NTSB) ont livré dimanche à San Francisco les premiers résultats de leur enquête.

Les deux boîtes noires, retrouvées dans la nuit et immédiatement expédiées à Washington, ont été analysées et ont fourni de «bonnes données», a déclaré Deborah Hersman, présidente de la NTSB, lors d’une conférence de presse.

D’après les conversations du cockpit, le vol s’est déroulé normalement et les problèmes n’ont surgi que dans les dernières minutes, lorsque l’équipage a tenté de remettre les gaz juste avant l’atterrissage et demandé à la tour de contrôle l’autorisation de reprendre de l’altitude.

«La requête de l’un des membres d’équipage pour accélérer a été lancée environ sept secondes avant l’impact. Et l’appel (à la tour de contrôle) pour reprendre de l’altitude est arrivé une seconde et demie» avant que la queue de l’appareil ne heurte le sol, provoquant l’accident, selon Mme Hersman.

Selon plusieurs analystes cités par les médias américains, la demande des pilotes est intervenue beaucoup trop tard.

Les données de la boîte noire enregistrant les paramètres techniques ont confirmé qu’à l’approche de la piste, «l’appareil avait ralenti et que la vitesse était inférieure à la vitesse optimale», a-t-elle expliqué.

«Les gaz ont été remis quelques secondes avant l’impact, et les moteurs ont répondu normalement», a-t-elle ajouté.

Selon Asiana, le pilote du Boeing, Lee Kang-Kuk, 46 ans, affiche plus de 9000 heures de vol mais il n’a navigué que 43 heures sur ce modèle, un des plus gros porteurs au monde.

«Il est exact que Lee était en formation sur Boeing 777», a déclaré à l’AFP une porte-parole de la compagnie en insistant sur le fait que le pilote était sous la supervision d’un formateur chevronné qui faisait office de copilote.

Une vidéo tournée par un témoin, diffusée dimanche sur CNN, confirme que la queue de l’avion a heurté une digue séparant la piste des plans d’eau voisins, sur la baie de San Francisco, avant que l’appareil n’atterrisse sur le ventre.

Pour Tom Ballantyne, journaliste à l’Orient Aviation magazine, le fait que le pilote d’Asiana ait été en formation est «tout à fait normal». Ensemble, les pilotes «cumulaient des milliers d’heures de vol».

En revanche, les circonstances de l’accident semblaient clairement dues à «une erreur de jugement de la personne aux commandes de l’appareil», selon lui.

Dix-neuf personnes étaient encore hospitalisées dimanche au San Francisco General Hospital. «Des 19, six sont dans un état critique, dont un enfant», a précisé Rachel Kagan, porte-parole de l’hôpital.

Deuxième compagnie sud-coréenne après Korean Air, Asiana Airlines jouit d’une excellente réputation en matière de sécurité. Le dernier accident impliquant un vol commercial remonte à juin 1993 lorsqu’un Boeing 737 s’était écrasé sur une montagne dans le sud-ouest du pays, faisant 68 morts et 44 blessés

 

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