En quête d’un compromis sur le futur CEP, le Parlement désigne une commission de six membres

Trois Sénateurs et trois Députés font partie de la commission Législatif-Exécutif créée en vue de faciliter la recherche d’un consensus entre les deux pouvoirs sur la mise en place d’un nouvel organisme électoral légitime, fondé sur l’harmonisation des positions des différents acteurs afin de sortir le pays de l’impasse actuelle née de la formation du Conseil électoral dit permanent, mais contesté à la naissance.

Jocelerme Privert, Jean William Jeanty et François Lucas Saint-Vil représentent le Sénat au sein de cette entité où ils vont travailler avec leurs collègues dela Chambrebasse Jean Tholbert Alexis, président du bloc parlementaire progouvernemental PSP, Vickens Dérilus et Guerda Benjamin.

Les noms de ces élus mandatés par le Parlement seront communiqués aux responsables de la plateforme œcuménique Religions pour la paix qui ont offert leurs bons offices pour faciliter les discussions entre l’Exécutif et le Sénat opposés sur la poursuite d’un processus électoral mis à mal.

Déjà d’accord sur le principe, le pouvoir devrait rapidement emboîter le pas au corps législatif en désignant ses trois représentants.

Conscient du fait que le Grand Corps -amputé depuis mai d’un tiers de ses membres et paralysé dans son fonctionnement à cause justement de ce dossier ultrasensible- se trouve matériellement dans l’impossibilité de concourir à la constitution du CEP permanent, demeuré incomplet, le président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, a vivement souhaité qu’un compromis soit trouvé avant la première semaine de novembre afin de doter Haïti d’un « Conseil électoral d’exception ». Cette institution, que d’autres parlementaires dénomment déjà « Conseil électoral transitoire », aura pour unique mission d’organiser les élections sénatoriales partielles, municipales et locales, a fait ressortir le Sénateur Desras.

Deux des membres de la commission parlementaire paritaire, François Lucas Saint-Vil et Jean William Jeanty, se sont dits prêts à engager, avec la médiation des églises, des discussions formelles avec les représentants de l’Exécutif devant aboutir à un accord sur la formation d’un Conseil électoral crédible. Si pour le premier, optimiste, Michel Martelly aurait fait montre de bonne foi dans ce dossier, le second a lui mis l’accent sur la nécessité de dégager une solution consensuelle forte tout en précisant que le Parlement n’est pas parvenu à la formation d’une commission bicamérale comme certains l’avaient souhaité.

La création de cette entité appelée à instaurer le dialogue et le principe du compromis extraconstitutionnel dans l’analyse des propositions des différentes parties avait été décidée lundi à l’issue d’un nouveau round de discussions entre le chef de l’Etat et une dizaine de Sénateurs qu’avaient arbitré Mgr Pierre André Dumas, l’Evêque catholique des Nippes (sud-ouest), et le pasteur Sylvain Exantus, président dela Fédérationprotestante d’Haïti (FPH).

Plusieurs mois après l’installation d’un Conseil électoral permanent en panne de légitimité face à l’opposition politique et l’opinion publique, l’imbroglio est total pour le régime de Martelly, la communauté internationale et les acteurs tels le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) impliqués dans la mise en place d’une institution dont les membres peinent à se reconnaître eux-mêmes.

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