Egypte/violences: les premiers signes d’une dissolution des frères musulmans

 

Les autorités égyptiennes décideront dans quelques jours de la dissolution ou non d’une ONG liée aux Frères musulmans, l’accusant de servir de façade à la confrérie islamiste cible d’une répression sanglante et d’une vague d’arrestations, ont indiqué vendredi des sources officielles.

L’armée, qui a destitué et arrêté il y a deux mois le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, disperse violemment depuis trois semaines avec la police toute manifestation réclamant son retour, et plus de 2000 membres de la confrérie ont été emprisonnés, dont les principaux leaders. Un millier de personnes ont été tuées depuis le 14 août, des manifestants pro-Morsi pour l’immense majorité.

Des médias égyptiens affirmaient vendredi que l’Association des Frères musulmans avait été dissoute sur décision du ministère de la Solidarité sociale. Cette ONG a été fondée en mars sous la présidence de M. Morsi pour donner une base légale aux actions sociales de la confrérie sur le terrain. Les Frères musulmans eux-mêmes, fondés il y a 85 ans, n’ont jamais eu d’existence légale en Égypte, tantôt tolérés, tantôt sévèrement réprimés.

«Je démens catégoriquement ces informations, ces articles sont faux, le gouvernement n’a pris aucune décision», a déclaré à l’AFP Sherif Shawky, porte-parole du gouvernement.

«La décision sera annoncée dans quelques jours», a déclaré à l’AFP Hani Mhana, porte-parole du ministère de la Solidarité sociale. «Les autorités accusent l’Association des Frères musulmans de commettre des actions violentes, d’utiliser son siège social pour faire de la politique et d’y stocker des armes utilisées pour tirer sur les manifestants», a précisé M. Mhana.

«Nous avons donné l’opportunité aux leaders des Frères musulmans de s’expliquer sur ces faits, mais ils ne sont pas venus», a-t-il ajouté.

La quasi-totalité des dirigeants nationaux et locaux de la confrérie a été arrêtée, les principaux leaders étant jugés notamment pour «incitation au meurtre» de manifestants, tout comme M. Morsi en personne.

Le gouvernement intérimaire mis en place par l’armée après la destitution de M. Morsi accuse les Frères musulmans de «terrorisme» depuis qu’il a lancé le 14 août les opérations très meurtrières de dispersion de leurs manifestations.

 

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