Des policiers en désaccord avec un rapport de la Minustah

Des agents de la Police nationale d’Haïti sont révoltés par la publication d’une liste de 79 policiers à révoquer dans l’institution sous la recommandation de la Minustah, les policiers remettent en cause le vetting de la mission onusienne.

« Cette décision est injuste, pleine de méchanceté. Exiger la révocation des policiers pour leur mode de vie et publier leurs noms dans la presse est un acte d’irrespect pour eux et pour l’institution elle-même », a déclaré un policier.

Dans une interview à un journaliste d’Haïti Press Network, cet agent 2 de la PNH, qui requiert l’anonymat en raison de sa sécurité, s’est interrogé sur le fondement de ce rapport, les méthodes utilisées par les enquêteurs pour évaluer les moyens « financiers » des policiers.

« Avant d’être policiers, il y a des confrères qui avaient les moyens financiers adéquats pour vivre. Il y en a d’autres qui gèrent des biens (meubles et immeubles) pour des proches », a précisé le policier, la trentaine.

Comme d’autres collègues, ce policier, qui travaille dans un commissariat de l’aire métropolitaine, a estimé que la publication d’une liste de 79 policiers à renvoyer au sein de l’institution n’est pas cadrée avec la conjoncture politique actuelle.

« Les responsables auraient pu attendre un calme dans l’affaire Brandt. Dans cette conjoncture, l’opinion publique va lier ces policiers avec ceux qui sont cités dans l’affaire de Clifford Brandt », a-t-il signalé.

Cette décision, selon le policier, peut porter préjudice à la personnalité de tous les policiers listés.

Il a critiqué l’attitude de certains médias, qui ne font pas preuve de prudence ni de professionnalisme, dans le traitement d’un tel dossier.

L’ancienne porte parole dela Policenationale d’Haïti Marie Gessy Cameau Coicou, dont le nom figure sur la liste, a demandé des clarifications sur le rapport de la mission onusienne.

« Cette décision dictée àla PNHparla Minustah, approuvée et rendue publique à travers la presse haïtienne par les plus hautes autorités de l’institution policière, porte atteinte à ma famille, à mon honneur, à ma dignité et à mon intégrité », a écrit l’ex-inspectrice générale en chef dela PNH.

Quid du Vetting

En 2006, le gouvernement haïtien et les Nations Unies ont lancé l’opération « vetting (certification) » des agents de Police nationale, tel que prévu dans  le plan de réforme de cette institution par l’ONU.

Depuis la mise en œuvre de cette opération jusqu’à son interruption le 12 janvier 2010, seuls 3.593 dossiers ont été instruits  sur 7.177 ouverts.

L’opération a été relancée, avec l’entrée de la 22e promotion à l’école de police en septembre 2010.

Par la mise en place du vetting, les initiateurs souhaitaient évaluer la moralité et l’intégrité de chaque agent à travers des enquêtes individuelles suivant le droit haïtien et le code de discipline dela PNH.

À travers le vetting, les responsables vérifieront les antécédents judiciaires ou disciplinaires et le comportement, dans la société, de chaque policier, ainsi qu’une évaluation de leurs compétences en déterminant : « si une formation complémentaire est nécessaire pour renforcer les capacités  professionnelles de base de l’agent ».

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