Commission Charbonneau: Marcil donnera sa version de la corruption

La commission Charbonneau se tourne aujourd’hui vers les plus hauts échelons de la Ville de Montréal. Premier «décideur» à témoigner, l’ex-directeur des travaux publics de la métropole devra se défendre des malversations dont plusieurs témoins entendus jusqu’à présent l’accusent.
De hauts dirigeants de Montréal viendront défendre leurs actes, a annoncé la Commission la semaine dernière. Premier annoncé, Robert Marcil avait dû démissionner en 2009 après le déclenchement d’une enquête interne sur sa participation à un voyage en Italie aux frais d’un entrepreneur en construction, Giuseppe Borsellino.
La Presse vous résume aujourd’hui ce que huit témoins ont déclaré au sujet de Robert Marcil.
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Gilles Surprenant > Ce fonctionnaire corrompu a affirmé que Robert Marcil, peu après sa nomination à la tête des travaux publics en 2003, a demandé à rencontrer l’entrepreneur Nicolo Milioto pour lui aussi recevoir des pots-de-vin. «Robert Marcil était allé voir l’entrepreneur Nick Milioto et lui a dit que ça fait assez longtemps que Leclerc et Surprenant collectent, que c’est à son tour.»

Luc Leclerc > Cet autre fonctionnaire corrompu a affirmé que Nicolo Milioto lui avait rapporté avoir reçu un appel de Robert Marcil pour le rencontrer. Incapable de confirmer si son ancien patron a bel et bien empoché des pots-de-vin, Luc Leclerc s’est dit convaincu que son ancien patron recevait lui aussi des bouteilles de vin et autres cadeaux des entrepreneurs.

Gilles Vézina > Le fonctionnaire envoyé le mois dernier à sa retraite par la Ville de Montréal en raison de sa trop grande proximité avec certains entrepreneurs a confirmé que Robert Marcil recevait lui aussi des billets de hockey. Les deux hommes ont d’ailleurs assisté à une partie du Canadien dans la loge d’un entrepreneur.

Michel Leclerc > Le propriétaire de Terramex a affirmé que Robert Marcil lui avait promis 180 000$ en faux extras s’il baissait le prix d’une soumission, afin de s’assurer que le projet soit accepté par les élus. Il a également affirmé avoir souvent croisé l’ex-directeur des travaux publics au restaurant en compagnie de l’entrepreneur Nicolo Milioto.

Michel Cadotte > Ce vendeur de tuyaux d’aqueducs a affirmé que Robert Marcil s’était soudainement intéressé à ses produits en 2006 au moment même où

Nicolo Milioto avait cherché un nouveau fournisseur. Cet intérêt a disparu tout aussi soudainement quand Cadotte a refusé de payer un pot-de-vin de 150 000$ pour trois fonctionnaires, à la demande de l’entrepreneur.

Michel Lalonde > L’ingénieur, qui a reconnu avoir été le responsable de la collusion entre les firmes de génie à Montréal, a affirmé avoir fait le partage de certains contrats en présence de Robert Marcil. Le président de Génius dit avoir offert une fois un pot-de-vin à Marcil, de 2000$, mais que le responsable du financement d’Union Montréal, Bernard Trépanier «s’occupait de le récompenser».

Giuseppe Borsellino > Le président de Construction Garnier a reconnu avoir payé toutes les dépenses de Robert Marcil lors d’un voyage en Italie en octobre 2008. L’entrepreneur a toutefois nié avoir offert ce voyage à l’ancien directeur des travaux publics pour le remercier de lui avoir confié un contrat sans appel d’offres de plus de 5 millions.

Nicolo Milioto > L’entrepreneur à la retraite a nié avoir corrompu Robert Marcil, qu’il a décrit comme une simple «relation d’affaires». Il a néanmoins reconnu avoir invité l’homme au mariage de l’une de ses cinq filles.
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Le festival des trous de mémoire

1839 Nombre de fois où un témoin a répondu par «je ne sais pas» ou «je ne me souviens pas» depuis le début de la commission Charbonneau, en français comme en anglais.

553 À lui seul, l’entrepreneur Nicolo Milioto a souffert du tiers des trous de mémoire enregistrés lors des séances de la Commission.

253 Un autre entrepreneur, Giuseppe Borsellino, arrive au deuxième rang avec les difficultés avec sa mémoire. Fait à souligner, l’homme qui alternait entre le français et l’anglais durant son témoignage a souffert de davantage de problèmes lorsqu’il s’exprimait dans la langue de Molière (171) que dans celle de Shakespeare (82).

209 Étonnement, la troisième place des trous de mémoire revient à l’ex-fonctionnaire Gilles Surprenant qui a admis avoir empoché plus de 600 000$ en pots-de-vin.

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