Académie française/cérémonie: Dany Laferrière reçoit l’épée en rendant hommage à Haïti et au Québec

L'écrivain Jean d'Ormesson remettant l'épée officiellement à Dany Laferrière

L’écrivain Jean d’Ormesson remettant l’épée officiellement à Dany Laferrière

L’écrivain Dany Laferrière a reçu hier la traditionnelle épée d’académicien à Paris. Il sera le premier Haïtien et le premier Québécois à occuper un fauteuil de l’Académie.

Dans quelques heures, Dany Laferrière fera son entrée à titre d’immortel à l’Académie française. La cérémonie de l’épée, ultime étape avant la cérémonie qui se déroulera sous la Coupole, se tenait hier dans le majestueux hôtel de Ville de Paris. L’auteur y recevait son épée des mains de l’écrivain Jean d’Ormesson devant des amis et des personnalités, dont Bernard Landry, Pauline Marois, Charlotte Rampling et des académiciens.

«Aujourd’hui [hier], c’est un verre entre copains, [demain], ça sera plus compliqué», a déclaré Jean d’Ormesson dans son discours, où il a dit «avoir eu un coup de foudre» pour l’homme dont il a parrainé la candidature. «On ne peut laisser passer quelqu’un comme toi et cette cérémonie va marquer l’histoire de l’Académie», a-t-il ajouté.

«Je suis né à Haïti, mais je suis né écrivain à Montréal», a déclaré Dany Laferrière.

L’auteur a raconté son enfance en compagnie des femmes de sa vie: sa grand-mère qui servait le café aux passants et sa mère qui lisait Historia en se passionnant pour les articles sur l’Académie. De Montréal, il raconte son amour spontané pour cette ville où l’on peut s’embrasser dans la rue.

La cérémonie de l’épée a pour but de remettre le costume officiel de l’Académie au nouveau venu: une épée, dont la gravure est un emblème de sa personnalité, et un costume brodé de rameaux d’olivier vert et or.

Dany Laferrière a choisi de faire graver son épée en Haïti et c’est à Montréal, sous la direction de Jean-Claude Poitras, que les 500 heures de broderie ont été effectuées.

«Jean-Claude Poitras est le designer le plus connu des Québécois, mais aussi le plus courtois, et l’Académie encourage la courtoisie», a-t-il expliqué.

L’Académie

Les membres de l’Académie sont philosophes, historiens, scientifiques, poètes et ils incarnent rien de moins que l’immortalité. Par leur mission (protéger la langue française), d’une part, mais aussi parce que qui appartient à cet auguste cercle devient «immortel» pour le reste de ses jours.

L’Académie se renouvelle au rythme des décès. Les immortels siègent une fois par semaine, s’attelant à la mise à jour du Dictionnaire de la langue française (dont la 9e édition est en cours). En outre, ils délibèrent afin de déterminer quels ouvrages seront couronnés par le Grand Prix du roman, le Prix de la francophonie, le Prix d’histoire, etc.

Chaque immortel se voit attribuer un mot symbolique lors de son arrivée dans la grande institution. Choisi par les académiciens, ce mot débute généralement par la lettre dont les travaux sont en cours.

Les académiciens se penchant actuellement sur la lettre V, le mot Vaillant a été attribué à Dany Laferrière, qui se qualifie de «vieux-os», en hommage à ce nom que sa grand-mère lui avait donné.

Après Montesquieu (écrivain des Lumières, 1689-1755), Alexandre Dumas fils (auteur de La dame aux camélias) et Hector Bianciotti (critique littéraire et auteur ayant reçu le prix Medicis et le prix Femina), Dany Laferrière prendra place demain dans le fauteuil 2.

Il côtoiera Valéry Giscard d’Estaing, ancien président de la République, Hélène Carrère d’Encausse, historienne et docteur honoris causa des Universités Laval et de Montréal, et Max Gallo, commandeur de la Légion d’honneur, historien et auteur.

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